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14/05/2012

Le défi du 15-M

L’ « anniversaire » du mouvement des Indignés vécu de l’intérieur.

12M15M.jpg   L’absence d’une structure institutionnelle qui représenterait le mouvement des Indignés - aussi nommé 15-M ou DRY - Democracia Real Ya (La Démocratie Réelle, c’est maintenant) - n’a pas empêché, un an après son apparition sur la scène publique, cette rébellion citoyenne de rester en vie et d’être devenue, d’une façon ou d’une autre, un référent politique. Le rejet émanant des manifestations et campements de mai 2011 a imprégné les programmes électoraux de tous les partis et leurs échos ont traversé les frontières. Le précédent du printemps arabe en toile de fond, les sociétés aisées de la quasi-totalité de la planète, essentiellement concentrées en Europe et aux Etats-Unis, vécurent des mobilisations semblables inspirées par les mêmes souhaits de régénération de la politique et une plus juste répartition des sacrifices de la crise ; surtout en Espagne, le pays du chômage des jeunes massif.

   Même si l’on n’accorde pas à ce mouvement le monopole des revendications qu’il proclame, il est vrai qu’il a été capable de générer un débat public sur la représentativité des institutions publiques, les lois électorales, le paiement en nature, la transparence ou le contrôle des rétributions des élites professionnelles. Fort d’un appui majoritaire de la population - quoiqu’en baisse, d’après la dernière enquête de Metroscopia - ce mouvement diffus est une expression des aspirations d’une population frappée par l’appauvrissement soudain et les coupes budgétaires. Toutefois ce même malaise favorise aussi la montée de l’extrême-droite dans certains pays, ce qui peut les priver de sympathies sociales et dévier vers un repli politique qui devait être combattu.

   Les braises de ses premiers pas enthousiastes éteintes, le Mouvement 15-M se voit obligé de trouver de nouvelles voies d’expression. Les pouvoirs publics ne semblent pas disposés à permettre davantage de longues occupations des espaces publics, preuve en est l’évacuation par les policiers des 200 personnes qui squattaient la Puerta del Sol, à Madrid, dimanche matin, la Délégation du Gouvernement autorisant que la concentration pacifique effectuée à cet endroit dépasse l’horaire prévu, mais pas que des campements y soient établis. L’absence de problèmes à Barcelone et les petits incidents dans d’autres villes complètent le tableau de relative tranquillité. Autorités et indignés semblent avoir retenu les leçons du passé, bien que le sort des personnes arrêtées à Madrid dimanche matin inquiète les milliers de personnes à nouveau concentrées la nuit dernière à la Puerta del Sol.

   Les indignés possèdent un outil puissant : Internet et les réseaux sociaux. Toutefois leur véritable raison d’être leur est attribuée par une crise profonde et longue, qui augmente les inégalités et dépossède de leur pouvoir les institutions élues démocratiquement, et qui frappe plus particulièrement les classes ouvrières, les retraités et les plus jeunes.

 

Texte original : Editorial - El País (2012). "El desafío del 15-M"

16:15 Publié dans Article, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : espagne | |

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