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22/05/2012

Carlos Fuentes et l’orgasme du pouvoir

Hommage à l’écrivain mexicain via une diatribe contre le pouvoir.

PODER.jpg   Le décès, peut-être trop soudain, du maître Carlos Fuentes encore frais, cela vaut la peine de se pencher sur le goût inquisitorial de la critique qui, face au pouvoir politique, a toujours caractérisé cet écrivain mexicain fondamental. Ce dernier, s’efforçant d’être conséquent dans ses postures, fit d’étranges volte-face qui le rapprochèrent et l’éloignèrent du castrisme, mais qui l’amenèrent aussi à apporter un soutien polémique et soutenu au gouvernement de Luis Echeverria, impliqué dans le massacre de Tlatelolco.

   En dépit de tout, il est vrai que Fuentes a souvent fait mouche à l’heure de dépeindre, littérairement, les excès du pouvoir. Dans un de ses romans les plus géniaux, Le Siège de l’Aigle, il fait dire à un de ses personnages : « Le destin politique est un long orgasme, mon amour. Le succès doit être médiat et lent à venir pour être durable. Un long orgasme, mon amour ».

   Nous voyons ici en quelques lignes décrit l’itinéraire que tout politique ambitieux et à peu près convaincu de ses talents prétend suivre sur la scène politique latino-américaine. Il s’agit de l’extase que portent en eux, face à l’histoire, les douceurs emmiellées de l’accès successif aux sommets de certaines trajectoires publiques, incarnées par des hommes et des femmes de notre époque, transportés par la simple possibilité d’être les hérauts d’irrépressibles transformations sociales.

   Face à ce messianisme dangereux, Carlos Fuentes sut faire étalage de l’ironie la plus fine pour exorciser les démons du pouvoir, au moins chez ses lecteurs. Son homonyme, ami et collègue Carlos Monsivais – décédé il y a deux ans – relate une anecdote illustrative de 1977, alors que venait d’être nommé ambassadeur en Espagne Gustavo Diaz Ordaz, responsable en chef du massacre de Tlatelolco.  Quand il fut questionné sans ambages sur ce crime, l’ex-président, très troublé, profita d’autant mieux de l’occasion pour agresser, hystérique, Octavio Paz et Carlos Fuentes, censeurs implacables de son régime. Informé que Monsivais, alors journaliste, avait été témoin de la sortie, Fuentes l’appela de Paris pour obtenir des détails. Il rit de bon cœur de la crise de nerfs de Diaz Ordaz et mit fin à la conversation par ce commentaire : « Eh bien je te félicite : tu as eu la chance d’assister à l’effondrement psychique d’un bourreau ».

   En effet, oui, qu’a donc le pouvoir pour devenir une drogue pour tant de personnes ? Quel nombre incalculable de circonstances irréelles pullulent toujours autour de certaines ambitions politiques, qui détruisent aisément le psychisme et la capacité autocritique de centaines, de milliers d’individus sur cette planète, mais qui en outre concentrent des énergies surhumaines tendues exclusivement vers l’obtention de toujours plus de pouvoir ?

   Serait-ce juste une affaire de vanités précocement altérées par la flagornerie qui entoure les « oints » ou bien sommes-nous devant quelque chose de bien moins commun et, par conséquent, de plus difficile à expliquer et à étudier ? Comment est-il possible, nous demandons-nous aujourd’hui nous autres Salvadoriens, que certains de nos députés osent justifier d’indignes augmentations salariales ou défendre le paiement de 15 000 dollars par le maigre trésor public pour financer langouste et caviar lors d’une réception qui dura moins de deux heures ? Comment un groupe de personnes que l’on suppose avoir accepté de grands sacrifices en temps voulu pour lutter contre le gaspillage, les abus de pouvoir et la corruption, s’isolent aujourd’hui avec un tel toupet dans leur bulle d’argent et prétendent du reste que personne n’osera remettre en cause leurs actions ?

   Voici pour la postérité les propos altiers et déconcertants du président de l’Assemblée Sigfrido Reyes, proférés le jour où il prit possession de la législature actuelle. Je n’ai jamais vu un cas de suicide politique plus attendrissant. Quelle sorte de cécité frappe aujourd’hui le regard, jadis plus limpide et serein, du député Reyes, au point qu’il lui fût impossible de remarquer l’absolue inopportunité de sa diatribe ? Comment quelqu’un peut-il s’aventurer à exiger « respect », « prudence », « bon sens », « raison » et « responsabilité » à d’autres organes de l’Etat, quand on a été à la tête de l’une des assemblées législatives les plus irrespectueuses, imprudentes, insensées, déraisonnées et irresponsables qu’ait connues notre histoire démocratique ? Et que dire du non moins pénible écho que le président de la République fit à la pénible allocution de Reyes ?

   Ces convois de véhicules tout-terrain défilant à contre-sens, aux heures de pointe, dans des rues remplies de conducteurs bouche bée ou les spectaculaires arrivées dans des évènements publics au milieu d’un nuage de « fanfreluches » superficielles – crissements de pneus,  déploiement de gardes du corps,  maniement d’armes longues – peuvent rendre fou n’importe qui. De fait, il en est qui se laissent tant obnubiler par les « petitesses » qui entourent le pouvoir, qu’ils ne veulent plus jamais descendre de ce nuage d’auto-affirmation permanente. Ils en ont besoin pour se sentir vivants, comme un drogué a besoin de son extase ou bien, aux dires de Carlos Fuentes, comme une nymphomane a besoin de son orgasme.

   « Au fond », écrit David Escobar Galindo dans un article récent, « celui qu’il faut éduquer c’est le pouvoir et surtout son usage. Le pouvoir est perturbateur par excellence : il désarçonne les égos, bouleverse les volontés et dérégule les appétits. En outre, dans les situations extrêmes, il défie même la mort, comme dans le cas pathétique et édifiant du président vénézuélien Hugo Chavez, qui s’accroche avec angoisse à la vie, non pas pour la vie, mais pour le pouvoir ».

   Certains politiques se rendraient un énorme service – et nous le rendraient à nous, les citoyens, qui payons leurs salaires – si quelquefois ils s’habituaient à garder à l’esprit le caractère intrinsèquement éphémère des charges publiques qu’ils occupent. Dans cet effort de se regarder dans le miroir, leur recommander une lecture profitable de Carlos Fuentes ne sera peut-être pas inutile. Ils y trouveraient le meilleur antidote contre la stupidité.

 

Texte original : HERNANDEZ AGUILAR F. (2012). "Carlos Fuentes y el orgasmo del poder"

20:46 Publié dans Article, Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mexique, salvador | |

14/05/2012

Le défi du 15-M

L’ « anniversaire » du mouvement des Indignés vécu de l’intérieur.

12M15M.jpg   L’absence d’une structure institutionnelle qui représenterait le mouvement des Indignés - aussi nommé 15-M ou DRY - Democracia Real Ya (La Démocratie Réelle, c’est maintenant) - n’a pas empêché, un an après son apparition sur la scène publique, cette rébellion citoyenne de rester en vie et d’être devenue, d’une façon ou d’une autre, un référent politique. Le rejet émanant des manifestations et campements de mai 2011 a imprégné les programmes électoraux de tous les partis et leurs échos ont traversé les frontières. Le précédent du printemps arabe en toile de fond, les sociétés aisées de la quasi-totalité de la planète, essentiellement concentrées en Europe et aux Etats-Unis, vécurent des mobilisations semblables inspirées par les mêmes souhaits de régénération de la politique et une plus juste répartition des sacrifices de la crise ; surtout en Espagne, le pays du chômage des jeunes massif.

   Même si l’on n’accorde pas à ce mouvement le monopole des revendications qu’il proclame, il est vrai qu’il a été capable de générer un débat public sur la représentativité des institutions publiques, les lois électorales, le paiement en nature, la transparence ou le contrôle des rétributions des élites professionnelles. Fort d’un appui majoritaire de la population - quoiqu’en baisse, d’après la dernière enquête de Metroscopia - ce mouvement diffus est une expression des aspirations d’une population frappée par l’appauvrissement soudain et les coupes budgétaires. Toutefois ce même malaise favorise aussi la montée de l’extrême-droite dans certains pays, ce qui peut les priver de sympathies sociales et dévier vers un repli politique qui devait être combattu.

   Les braises de ses premiers pas enthousiastes éteintes, le Mouvement 15-M se voit obligé de trouver de nouvelles voies d’expression. Les pouvoirs publics ne semblent pas disposés à permettre davantage de longues occupations des espaces publics, preuve en est l’évacuation par les policiers des 200 personnes qui squattaient la Puerta del Sol, à Madrid, dimanche matin, la Délégation du Gouvernement autorisant que la concentration pacifique effectuée à cet endroit dépasse l’horaire prévu, mais pas que des campements y soient établis. L’absence de problèmes à Barcelone et les petits incidents dans d’autres villes complètent le tableau de relative tranquillité. Autorités et indignés semblent avoir retenu les leçons du passé, bien que le sort des personnes arrêtées à Madrid dimanche matin inquiète les milliers de personnes à nouveau concentrées la nuit dernière à la Puerta del Sol.

   Les indignés possèdent un outil puissant : Internet et les réseaux sociaux. Toutefois leur véritable raison d’être leur est attribuée par une crise profonde et longue, qui augmente les inégalités et dépossède de leur pouvoir les institutions élues démocratiquement, et qui frappe plus particulièrement les classes ouvrières, les retraités et les plus jeunes.

 

Texte original : Editorial - El País (2012). "El desafío del 15-M"

16:15 Publié dans Article, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : espagne | |

08/05/2012

Le sens d’une victoire

Le résultat de la présidentielle vu par le voisin du dessous.

3650118671.png   Le socialiste François Hollande a nettement remporté le second tour des élections présidentielles en France. On peut aussi considérer que la crise et les politiques d’austérité rendues obligatoires par les marchés, Berlin et Bruxelles ont fait une nouvelle victime avec Nicolas Sarkozy, l’homme politique qui après la chute des Lehman Brothers en septembre 2008 annonçait une « refondation du capitalisme » qui ne vit jamais le jour.

   La victoire de Hollande constitue une bouffée d’air frais pour la gauche en Europe et en France, ainsi qu’un espoir que les choses puissent commencer à changer dans l’UE. Aucun socialiste n’avait occupé le palais de l’Elysée depuis le départ en 1995, après 14 ans de règne, de François Mitterrand. Autrement dit, une génération. Cette expérience, sans nul doute, servira à Hollande, car sous la pression des marchés d’alors, Mitterrand, après son triomphe de 1981, n’a attendu que 18 mois avant de s’orienter vers une politique économique orthodoxe. Hollande a bien plus de corsets, non seulement celui des marchés financiers démesurément grands, mais aussi celui de l’euro. Aussi celui qui s’est présenté comme un homme tranquille fut-il avisé. Il sait les énormes difficultés qu’il a face à lui.

   Il n’a pas rejeté la politique d’austérité, gravée dans le marbre du Pacte Fiscal impulsé par l’Allemagne, mais son exigence porte sur le fait d’y ajouter une politique de croissance à l’échelle européenne. Il n’est pas le premier, mais la perspective de sa victoire a déjà mis en route une dynamique dans ce sens à Bruxelles, à Berlin et dans bien d’autres capitales, sauf, apparemment, à Madrid, bien qu’elle favorise l’Espagne.

   Les élections d’hier en France et en Grèce reflètent le fait que les citoyens de pays de plus en plus nombreux pensent, comme Hollande, que la politique d’austérité sévère qui s’est imposée « ne peut être une fatalité » et qu’elle ne suffit pas. Du reste, elle s’est aussi imposée en partie pour des raisons idéologiques. Hollande, à la tête de la seconde économie de l’UE, quoiqu’en minorité politique, peut impulser le débat sur les idées et sur la politique contre le néolibéralisme dominant.

   Cette rectification vers un plan de croissance doit passer par Bruxelles, outre chacun des pays. Bien que chaque Etat doive faire ses réformes structurelles en profondeur, même une France ankylosée où Hollande ne doit pas tergiverser à l’heure d’insuffler un nouveau dynamisme, les solutions purement nationales sont aujourd’hui inefficaces dans cette Europe et dans un monde globalisé. La Commission Européenne semble l’avoir compris.

   Le nouveau président français doit comprendre, en outre, que la quasi-totalité des autres Etats membres de l’UE se sentent mis à l’écart par l’axe tout-puissant Berlin-Paris. Il est nécessaire que ressurgisse l’Europe de tous et celle des institutions de l’UE. Ainsi les européistes seraient-ils bien lotis, bien que nous ne devions pas ignorer qu’une part importante des Français a appuyé au premier tour les idées anti-européennes du Front National de Marine Le Pen, que Sarkozy a dans une certaine mesure fait siennes.

   La dynamique des élections à deux tours tend à donner l’image d’une France divisée. Elle l’est. Hollande devra s’efforcer de la rassembler : le discours d’acceptation immédiate de la défaite de la part de Sarkozy et son fair-play surtout peuvent y contribuer. La campagne électorale ne s’est toutefois pas achevée. Il manque le troisième tour, les législatives en juin, car sans majorité au Parlement, le nouveau président pourra difficilement gouverner comme il l’entend. Du reste, après la défaite de Sarkozy et son refus de conduire l’UMP lors de ces élections, la droite française peut entrer en crise. C’est ce dont souhaite profiter l’extrême-droite de Le Pen. Si elle y parvenait, ce serait dangereux pour la France et pour le projet européen.

 

Texte original : Editorial – El País (2012). "Sentido de una victoria"

21:21 Publié dans Article, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : espagne, france | |

06/05/2012

Torture et traitement cruel en libres sévices

De l’usage de la torture au Mexique.

1042762647.jpg   « Et bien chante maintenant » dit lors du Noël 2008 un militaire mexicain à une femme de l’état de Chihuahua (nord) tandis qu’il lui retirait son pantalon et la suspendait à une cage pour la frapper jusqu’à l’évanouissement et, deux jours plus tard, laisser un autre soldat encapuchonné la violer.

   Le cas de cette femme fait partie des 5176 recommandations émises en six ans par la Commission Nationale des Droits de l’Homme pour traitements cruels et dégradants contre des entités comme l’armée, le secrétariat de la Marine et les corps de police, entre autres autorités, dit à l’AFP Andrés Aguirre, troisième inspecteur général de cet organisme.

   Parmi elles il y a 113 cas de torture infligée par des militaires et des policiers. Dans le cas de la femme du Chihuahua, les soldats prétendaient que la victime dénoncerait des trafiquants de drogue et d’armes.

   Le 23 décembre 2008, un groupe de huit militaires vint à son domicile, la frappa, lui banda les yeux, la menotta et la transféra dans la réserve d’artillerie d’une tour de la garnison militaire à Ojinaga, une ville du Chihuahua située au bord du Rio Bravo, qui sépare le Mexique des Etats-Unis.

   Le 25 décembre, plusieurs militaires la frappèrent de nouveau. L’un d’eux ordonna de lui retirer son pantalon, lui attacha les mains avec des menottes, la laissant suspendue, « enleva sa ceinture et lui frappa l’abdomen et les jambes jusqu’à ce qu’elle s’évanouisse », rapporte la recommandation 88/2011 de la Commission Nationale des Droits de l’Homme.

   Deux jours plus tard, tandis qu’elle se douchait sur ordre de ses geôliers pour enlever le sang de son corps, « un militaire encapuchonné » entra et « la pénétra violemment par l’anus », ajoute le dossier envoyé au secrétariat de la Défense.

   Elle resta sept jours enfermée dans ce lieu, où l’on exigeait qu’elle « fasse mention (le signalement) de quelqu’un qui vendrait des drogues ou des armes », indique la recommandation.

   Les dénonciations pour traitements cruels, inhumains et torture au Mexique ont substantiellement augmenté de 336 plaintes qui furent constatées et validées en tant que recommandations en 2006, à 392 en 2007, 564 en 2008, 1055 en 2009, 1163 en 2012 et 1666 l’année dernière, précisa le fonctionnaire.

   L’augmentation de ces violations des droits humains « a été, pour l’essentiel, le fruit des actions de lutte contre la délinquance qui ont été réalisées dans cette administration et avec l’incursion des forces armées dans des tâches qui d’ordinaire sont du ressort de la police », dit Aguirre dans une interview.

   La plupart de ces violations sont enregistrées peu après l’arrestation et avant que les détenus soient présentés devant le ministère public, expliqua le visiteur.

   Le président Felipe Calderón lança à son arrivée au pouvoir, en décembre 2006, une campagne militaire contre les cartels de narcotrafic. Les combats entre ces deux groupes et les affrontements avec les soldats ont fait durant cette période plus de 50000 morts dans le pays, incluant un nombre indéterminé de victimes étrangères aux organisations criminelles.

   Les partis de gauche de la Révolution Démocratique et du Travail impulsèrent au Sénat une modification de la loi pour prévenir et sanctionner la torture, visant à des condamnations jusqu’à 16 ans plus longues et à la radiation définitive des agents du service public qui commettraient ce délit. Cette modification sera débattue lors de la séance plénière de la Haute Chambre pour approbation le 10 avril prochain.

   La torture pour obtenir des aveux de possession d’armes et de drogue se répète dans plusieurs des recommandations émises par la Commission des Droits de l’Homme, qui a sollicité des sanctions pour 7760 autorités qui infligèrent des traitements cruels et inhumains.

   Parmi les centaines de pages publiées par la commission sur son site internet, où elle décrit ces cas, il y en a au moins deux où la torture déboucha sur la mort des victimes.

   Une technique récurrente dans divers dossiers publiés consiste en l’application de sacs plastiques sur la tête des victimes pour les asphyxier, ainsi que des coups et des décharges électriques.

   Parmi ces documents on trouve aussi le cas de la journaliste Lydia Cacho, arrêtée en décembre 2005 dans la station balnéaire de Cancun (sud-est), en guise de représailles de la part de personnes de la politique et du monde de l’entreprise mentionnées dans une enquête sur les réseaux pédophiles qu’elle a publiée.

   L’écrivaine fut transférée illégalement de Cancun à la ville de Puebla, au centre du pays, un trajet de 1668 kilomètres. Durant le trajet, où elle subit de nombreuses privations et une torture psychologique, les agents qui la transférèrent à une prison de Puebla « faisaient des commentaires sur le fait qu’ils verraient la mer de nuit, de même qu’ils lui demandaient si elle savait nager de nuit ».

   La journaliste mexicaine et défenseuse des droits humains Lydia Cacho présente son livre « Esclaves du pouvoir » le 29 novembre 2010 à la Foire du Livre de Guadalajara.

 

Texte original : PINEDA L. (2012). "La tortura y el trato cruel se disparan"

16:17 Publié dans Article, Citoyenneté | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mexique | |

 
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