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29/06/2012

Traiter la drogue avec sérieux

L’Uruguay fait face au problème de la légalisation du cannabis.

1235185579043_f.jpg   La proposition d’étatiser la production et la distribution de la marijuana a mis en relief un sujet qui le mérite. Peut-être le gouvernement a-t-il lancé l’idée pour détourner l’attention d’autres sujets plus délicats, comme l’augmentation des peines (qui dérange une bonne partie de la gauche) ou la tentative de contrôle des médias (qui inquiète l’opposition). Il est clair en outre que la proposition fut lancée sans une réflexion suffisante, comme le montrent les réactions du ministre Fernandez Huidobre et de l’ex-président Tabaré Vasquez. Néanmoins, même de cette façon, la recherche de solutions innovantes face à la menace du narcotrafic est un sujet qui mérite la priorité.

   Depuis déjà plusieurs décennies, les Etats perdent peu à peu la lutte contre le narcotrafic. Non seulement le fait est qu’ils ne peuvent pas le vaincre, mais c’est plutôt le contraire. Les narcotrafiquants brassent toujours plus d’argent et ont une capacité supérieure de corrompre les institutions. Ils parviennent à contrôler de grands territoires (comme en Amérique Centrale) et à plonger dans la violence des sociétés entières (comme au Mexique). Même les succès obtenus sont incomplets. La Colombie a eu des résultats, mais cela a donné un déplacement du trafic vers d’autres régions du continent.

   Cette dure réalité a plusieurs explications. Certaines ont à voir avec le pouvoir même du narcotrafiquant : il est très difficile que la justice, la politique et la police restent propres si l’on offre des pots-de-vin de centaines de milliers de dollars. D’autres raisons sont liées à l’évolution du trafic : étant donné que les grands trafiquants tendent à rétribuer leurs intermédiaires par de la drogue et non pas par de l’argent (à cause de l’augmentation des contrôles contre le blanchiment), on crée une forte offre locale qui a fini par effacer la distinction entre pays de transit et pays consommateurs. D’autres raisons ont toujours à voir avec des phénomènes de large portée, comme le déclin de la famille traditionnelle ou la dégradation de l’enseignement.

   Cette accumulation de facteurs oblige à songer à de nouvelles voies. Que le gouvernement le comprenne de cette façon est loin d’être critiquable. Le problème c’est qu’il le fasse avec légèreté.

   Cela a-t-il un sens de mettre la production et la distribution de la marijuana entre les mains d’une bureaucratie étatique qui montre tous les jours son inefficience et son manque de contrôle ? Car nous ne parlons pas ici d’un Etat abstrait mais de l’uruguayen. Celui-là même qui a échoué à réagir face aux nombreux indices montrant qu’il y avait des infirmiers tuant des gens. Celui-là même qui n’arrive pas à faire fonctionner les prisons et les foyers de l’INAU. Celui-là même qui dépense de l’argent pour réparer des voies qui s’avèrent inutilisables par la suite. Celui-là même qui, à l’échelle de la municipalité, sermonne tout juste des fonctionnaires qui utilisent des biens publics pour restaurer leur propre maison. C’est entre ces mains que nous allons mettre la marijuana ? Nous ne sommes pas capables de contrôler le stock de morphine dans un CTI mais nous prétendons contrôler le stock de cette substance ?

   D’autre part, a-t-on pensé aux possibles effets indésirables de cette politique ? Par exemple, à qui va-t-on la vendre exactement ? Aux seuls majeurs ou aux mineurs aussi ? Il est notoire qu’une grande partie du public consommateur de marijuana a moins de 18 ans. L’Etat va-t-il vendre de la drogue à des enfants de 14 ans ? C’est dur à accepter. Et si l’on en vend aux seuls majeurs, non seulement les narcotrafiquants retiendront une bonne portion du marché, mais ils auront un nouvel aiguillon pour stimuler la consommation chez les mineurs, parce que ce n’est que là qu’ils pourront s’étendre.

   Et qu’allons-nous faire du marché noir qui va sans doute se créer ? Qu’il y ait un registre d’acheteurs ou pas et que l’on demande les mégots ou pas, de nombreuses personnes qui ne sont pas consommatrices ou consomment très peu vont découvrir l’astuce de retirer de la marijuana sous leur nom pour la revendre ensuite. Va-t-on pénaliser ce comportement ? Si la réponse est affirmative, on ouvrira un nouveau front de répression. Et si elle est négative, nous courons le risque de transformer l’Etat uruguayen en pourvoyeur de drogue de toute la région.

   Penser des solutions innovantes ce n’est pas proposer n’importe quoi. Le problème qui préoccupe le gouvernement est réel, mais sa proposition montre toujours le même degré d’improvisation qu’il exhibe dans d’autres sphères. Contraints de chercher des alternatives, l’idée de légaliser la culture domestique semble plus sensée et moins exposée à des effets indésirables.

   Au lieu de nous aliéner en faveur ou à l’encontre d’une proposition peu réfléchie, nous autres Uruguayens méritons une étude étayée et sereine.

 

Texte original : Editorial - El País (Uruguay) (2012). "Enfrentar la droga con seriedad"

15:03 Publié dans Article, Citoyenneté, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : uruguay | |

15/06/2012

Les chemins du Che

Reportage sur la route touristique du Che (Bolivie, Argentine, Cuba) entre mythification et mystification.

los-caminos-del-che.jpg   « L’Armée a donné une information étrange sur la présence de 250 hommes à Serrano pour barrer le passage aux assiégés au nombre de 37 en situant la zone de notre refuge entre les fleuves Acero et Oro. Le renseignement ressemble à une diversion. » Sept octobre 1967, Quebrada del Yuro, Bolivie. Ce sont les derniers mots qu’Ernesto Che Guevara a notés dans son journal. Deux jours après, le gouvernement de Bolivie annonçait que le guérillero était mort au combat.

   Quatorze ans auparavant, le 7 juillet 1953, débutait dans la station portuaire de Retiro la traversée qui transformerait le jeune docteur Ernesto Guevara de la Serna en Commandant Che Guevara. Le futur guérillero, flanqué d’un ami d’enfance, s’embarquait pour la Bolivie avec l’idée d’arriver à Caracas, où il se réunirait avec Alberto Granados, avec qui il avait parcouru à moto diverses régions d’Argentine, du Chili, du Pérou et de Colombie. Mais le destin a voulu mener ses pas au Mexique, au Guatemala et finalement à Cuba, où l’histoire de sa vie, et avec elle l’histoire de l’humanité, effectuerait un virage à 180 degrés.

   Cet hiver 1953, ses amis, qui le décrivent comme une personne de sensibilité sociale, mais sans grand militantisme politique et proche de postures péronistes – et donc anti-communistes – ne pouvaient pas se douter qu’Ernesto serait une pièce maîtresse dans le succès de la première révolution d’inspiration marxiste qui triompherait dans le continent, de la main de Fidel Castro, en 1959. Personne n’imaginait non plus ce 7 juillet que Guevara retournerait en Bolivie treize ans plus tard, décidé à étendre la révolution dans la jungle où il a trouvé la mort. Un mythe était né.

 

La force du symbole

   Ernesto Che Guevara est un peu plus que l’un des guérilleros les plus célèbres du 20ème siècle. Il est un peu plus qu’un Argentin universel. Il est un symbole pour toute l’Amérique Latine, qu’il a parcourue durant ses voyages successifs. Au fait de ce potentiel symbolique, les gouvernements des pays les plus importants de sa biographie – son Argentine natale, le Cuba qui a embrassé sa révolution et la Bolivie où il a trouvé la mort – veulent unir leurs efforts pour rattacher les routes touristiques qui reproduisent les mouvements du guérillero.

   Cela fait longtemps que la Bolivie et l’Argentine ont tracé des routes touristiques autour de la figure mythique du Che. Le nouveau circuit argentin « Les Chemins du Che » parcourt les provinces de Cordoba, Misiones, Santa Fe et Neuquen, quelques unes des étapes les plus importantes de la biographie du jeune Guevara, en passant par des centres comme Le Musée Hogar Misionero du Che à Misiones ou le Musée La Pastera à San Martin de los Andes. On va maintenant travailler à la liaison de ce circuit avec la « Route du Che » bolivienne, qui parcourt 800 kilomètres et traverse les montagnes du sud-est bolivien où Guevara et ses hommes de l’Armée de Libération Nationale luttèrent entre mars et octobre 1967. Le parcours s’achève à La Higuera, où le Commandant fut fait prisonnier et à Vallegrande, où son cadavre fut exposé et enterré dans une fosse commune jusqu’à ce qu’en 1997, les corps fussent récupérés et transférés à Cuba.

 

Union d’efforts

   Des délégués des ministères du Tourisme et de la Culture d’Argentine et de Bolivie se sont réunis à La Paz, le 28 mai dernier et ont créé une commission ayant pour but de collaborer étroitement dans la promotion de la route binationale et des musées des deux pays, ainsi que l’échange d’informations et de moyens. Le pas suivant sera d’étendre le projet à Cuba, en passant par les lieux où le Che a laissé son empreinte, de la Sierra Maestra à La Havane. C’est dans l’île, durant la récente foire FitCuba, que le gouvernement argentin a présenté son projet et que le secrétaire du Tourisme argentin, Daniel Aguilera, a manifesté son intention de « développer le produit à travers toute l’Amérique Latine ».

   En toile de fond, toujours, l’éternelle polémique sur la mercantilisation de la figure du Che, laquelle, incarnée par la photo de Korda, illustre des tee-shirts et des drapeaux dans tout le monde globalisé. Ce débat que le chanteur argentin Kevin Johansen pose dans « Mc Guevara’s o Che Donald’s » et que tranche ainsi Dario Fuentes, directeur de La Pastera, le Musée du Che à Neuquen : « Les utopies du Che font partie des nôtres ; c’est pour cela que nous voulons réhabiliter la valeur de son legs en formant un circuit de mémoire historique latino-américain ». Voilà la route touristique vue non pas comme un produit lucratif, mais comme une façon de récupérer et de diffuser la vie et l’œuvre du guérillero, que tout le monde reconnaît sur une photo, mais dont les idées demeurent méconnues.

 

Texte original : CASTRO N. (2012). "Los caminos del Che"

16:23 Publié dans Article, Histoire, Musique, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bolivie, argentine, cuba | |

22/05/2012

Carlos Fuentes et l’orgasme du pouvoir

Hommage à l’écrivain mexicain via une diatribe contre le pouvoir.

PODER.jpg   Le décès, peut-être trop soudain, du maître Carlos Fuentes encore frais, cela vaut la peine de se pencher sur le goût inquisitorial de la critique qui, face au pouvoir politique, a toujours caractérisé cet écrivain mexicain fondamental. Ce dernier, s’efforçant d’être conséquent dans ses postures, fit d’étranges volte-face qui le rapprochèrent et l’éloignèrent du castrisme, mais qui l’amenèrent aussi à apporter un soutien polémique et soutenu au gouvernement de Luis Echeverria, impliqué dans le massacre de Tlatelolco.

   En dépit de tout, il est vrai que Fuentes a souvent fait mouche à l’heure de dépeindre, littérairement, les excès du pouvoir. Dans un de ses romans les plus géniaux, Le Siège de l’Aigle, il fait dire à un de ses personnages : « Le destin politique est un long orgasme, mon amour. Le succès doit être médiat et lent à venir pour être durable. Un long orgasme, mon amour ».

   Nous voyons ici en quelques lignes décrit l’itinéraire que tout politique ambitieux et à peu près convaincu de ses talents prétend suivre sur la scène politique latino-américaine. Il s’agit de l’extase que portent en eux, face à l’histoire, les douceurs emmiellées de l’accès successif aux sommets de certaines trajectoires publiques, incarnées par des hommes et des femmes de notre époque, transportés par la simple possibilité d’être les hérauts d’irrépressibles transformations sociales.

   Face à ce messianisme dangereux, Carlos Fuentes sut faire étalage de l’ironie la plus fine pour exorciser les démons du pouvoir, au moins chez ses lecteurs. Son homonyme, ami et collègue Carlos Monsivais – décédé il y a deux ans – relate une anecdote illustrative de 1977, alors que venait d’être nommé ambassadeur en Espagne Gustavo Diaz Ordaz, responsable en chef du massacre de Tlatelolco.  Quand il fut questionné sans ambages sur ce crime, l’ex-président, très troublé, profita d’autant mieux de l’occasion pour agresser, hystérique, Octavio Paz et Carlos Fuentes, censeurs implacables de son régime. Informé que Monsivais, alors journaliste, avait été témoin de la sortie, Fuentes l’appela de Paris pour obtenir des détails. Il rit de bon cœur de la crise de nerfs de Diaz Ordaz et mit fin à la conversation par ce commentaire : « Eh bien je te félicite : tu as eu la chance d’assister à l’effondrement psychique d’un bourreau ».

   En effet, oui, qu’a donc le pouvoir pour devenir une drogue pour tant de personnes ? Quel nombre incalculable de circonstances irréelles pullulent toujours autour de certaines ambitions politiques, qui détruisent aisément le psychisme et la capacité autocritique de centaines, de milliers d’individus sur cette planète, mais qui en outre concentrent des énergies surhumaines tendues exclusivement vers l’obtention de toujours plus de pouvoir ?

   Serait-ce juste une affaire de vanités précocement altérées par la flagornerie qui entoure les « oints » ou bien sommes-nous devant quelque chose de bien moins commun et, par conséquent, de plus difficile à expliquer et à étudier ? Comment est-il possible, nous demandons-nous aujourd’hui nous autres Salvadoriens, que certains de nos députés osent justifier d’indignes augmentations salariales ou défendre le paiement de 15 000 dollars par le maigre trésor public pour financer langouste et caviar lors d’une réception qui dura moins de deux heures ? Comment un groupe de personnes que l’on suppose avoir accepté de grands sacrifices en temps voulu pour lutter contre le gaspillage, les abus de pouvoir et la corruption, s’isolent aujourd’hui avec un tel toupet dans leur bulle d’argent et prétendent du reste que personne n’osera remettre en cause leurs actions ?

   Voici pour la postérité les propos altiers et déconcertants du président de l’Assemblée Sigfrido Reyes, proférés le jour où il prit possession de la législature actuelle. Je n’ai jamais vu un cas de suicide politique plus attendrissant. Quelle sorte de cécité frappe aujourd’hui le regard, jadis plus limpide et serein, du député Reyes, au point qu’il lui fût impossible de remarquer l’absolue inopportunité de sa diatribe ? Comment quelqu’un peut-il s’aventurer à exiger « respect », « prudence », « bon sens », « raison » et « responsabilité » à d’autres organes de l’Etat, quand on a été à la tête de l’une des assemblées législatives les plus irrespectueuses, imprudentes, insensées, déraisonnées et irresponsables qu’ait connues notre histoire démocratique ? Et que dire du non moins pénible écho que le président de la République fit à la pénible allocution de Reyes ?

   Ces convois de véhicules tout-terrain défilant à contre-sens, aux heures de pointe, dans des rues remplies de conducteurs bouche bée ou les spectaculaires arrivées dans des évènements publics au milieu d’un nuage de « fanfreluches » superficielles – crissements de pneus,  déploiement de gardes du corps,  maniement d’armes longues – peuvent rendre fou n’importe qui. De fait, il en est qui se laissent tant obnubiler par les « petitesses » qui entourent le pouvoir, qu’ils ne veulent plus jamais descendre de ce nuage d’auto-affirmation permanente. Ils en ont besoin pour se sentir vivants, comme un drogué a besoin de son extase ou bien, aux dires de Carlos Fuentes, comme une nymphomane a besoin de son orgasme.

   « Au fond », écrit David Escobar Galindo dans un article récent, « celui qu’il faut éduquer c’est le pouvoir et surtout son usage. Le pouvoir est perturbateur par excellence : il désarçonne les égos, bouleverse les volontés et dérégule les appétits. En outre, dans les situations extrêmes, il défie même la mort, comme dans le cas pathétique et édifiant du président vénézuélien Hugo Chavez, qui s’accroche avec angoisse à la vie, non pas pour la vie, mais pour le pouvoir ».

   Certains politiques se rendraient un énorme service – et nous le rendraient à nous, les citoyens, qui payons leurs salaires – si quelquefois ils s’habituaient à garder à l’esprit le caractère intrinsèquement éphémère des charges publiques qu’ils occupent. Dans cet effort de se regarder dans le miroir, leur recommander une lecture profitable de Carlos Fuentes ne sera peut-être pas inutile. Ils y trouveraient le meilleur antidote contre la stupidité.

 

Texte original : HERNANDEZ AGUILAR F. (2012). "Carlos Fuentes y el orgasmo del poder"

20:46 Publié dans Article, Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mexique, salvador | |

14/05/2012

Le défi du 15-M

L’ « anniversaire » du mouvement des Indignés vécu de l’intérieur.

12M15M.jpg   L’absence d’une structure institutionnelle qui représenterait le mouvement des Indignés - aussi nommé 15-M ou DRY - Democracia Real Ya (La Démocratie Réelle, c’est maintenant) - n’a pas empêché, un an après son apparition sur la scène publique, cette rébellion citoyenne de rester en vie et d’être devenue, d’une façon ou d’une autre, un référent politique. Le rejet émanant des manifestations et campements de mai 2011 a imprégné les programmes électoraux de tous les partis et leurs échos ont traversé les frontières. Le précédent du printemps arabe en toile de fond, les sociétés aisées de la quasi-totalité de la planète, essentiellement concentrées en Europe et aux Etats-Unis, vécurent des mobilisations semblables inspirées par les mêmes souhaits de régénération de la politique et une plus juste répartition des sacrifices de la crise ; surtout en Espagne, le pays du chômage des jeunes massif.

   Même si l’on n’accorde pas à ce mouvement le monopole des revendications qu’il proclame, il est vrai qu’il a été capable de générer un débat public sur la représentativité des institutions publiques, les lois électorales, le paiement en nature, la transparence ou le contrôle des rétributions des élites professionnelles. Fort d’un appui majoritaire de la population - quoiqu’en baisse, d’après la dernière enquête de Metroscopia - ce mouvement diffus est une expression des aspirations d’une population frappée par l’appauvrissement soudain et les coupes budgétaires. Toutefois ce même malaise favorise aussi la montée de l’extrême-droite dans certains pays, ce qui peut les priver de sympathies sociales et dévier vers un repli politique qui devait être combattu.

   Les braises de ses premiers pas enthousiastes éteintes, le Mouvement 15-M se voit obligé de trouver de nouvelles voies d’expression. Les pouvoirs publics ne semblent pas disposés à permettre davantage de longues occupations des espaces publics, preuve en est l’évacuation par les policiers des 200 personnes qui squattaient la Puerta del Sol, à Madrid, dimanche matin, la Délégation du Gouvernement autorisant que la concentration pacifique effectuée à cet endroit dépasse l’horaire prévu, mais pas que des campements y soient établis. L’absence de problèmes à Barcelone et les petits incidents dans d’autres villes complètent le tableau de relative tranquillité. Autorités et indignés semblent avoir retenu les leçons du passé, bien que le sort des personnes arrêtées à Madrid dimanche matin inquiète les milliers de personnes à nouveau concentrées la nuit dernière à la Puerta del Sol.

   Les indignés possèdent un outil puissant : Internet et les réseaux sociaux. Toutefois leur véritable raison d’être leur est attribuée par une crise profonde et longue, qui augmente les inégalités et dépossède de leur pouvoir les institutions élues démocratiquement, et qui frappe plus particulièrement les classes ouvrières, les retraités et les plus jeunes.

 

Texte original : Editorial - El País (2012). "El desafío del 15-M"

16:15 Publié dans Article, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : espagne | |

 
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