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30/07/2012

La guerre de l’eau

Conflits autour de l’or bleu en Colombie et dans le reste du monde.

oro azul.jpg   Madalena se lève très tôt pour aller en quête de l’eau pour cuisiner. Elle doit effectuer depuis son village, entre Lobito et Benguela, un long et dur trajet, après avoir subi une amputation en tant que victime d’une mine antipersonnel. En Angola, entre 14 et 20 millions de mines ont été éparpillées, d’après les estimations, soit deux fois la population du pays, plus particulièrement autour des fontaines d’eau, un bien stratégique extrêmement rare.

   Si vous avez l’impression qu’il s’agit là d’une réalité lointaine, pensez-y à feux fois. Les prochaines guerres, qui s’expriment déjà par des conflits de faible intensité dans certaines régions de la planète, ne se feront pas pour l’exploitation des diamants ou pour le contrôle du trafic de stupéfiants. Elles se feront pour l’eau. Et l’eau est distribuée de façon très inégale. 97,5% de l’eau de la planète est salée et se trouve dans les océans. Sur les 2,5% d’eau douce, 0,26 seulement est disponible pour la consommation humaine.

   Cette situation affecte spécialement certaines régions, comme le Sahel, en Afrique. 95% des Egyptiens vivent dans la vallée du Nil, dont dépendent dix pays, mais dont le monopole est sous le contrôle de l’Egypte et du Soudan.

   Pour avoir une perspective de l’impact, la baisse du flux annuel du Nil entre 1970 et 1987 a coïncidé avec la famine dont a souffert durant cette période toute la région. Les négociations pour la distribution de l’eau ont été passablement raisonnables au fil des ans, mais la question est : cela va-t-il changer maintenant que les Frères musulmans sont arrivés au pouvoir en Egypte et que le Soudan est divisé en deux ? Des situations semblables ont lieu dans le litige entre Israël, la Jordanie, La Syrie, la Palestine pour l’accès à l’eau du Jourdain, avec la Syrie en pleine guerre civile ; et entre l’inde et le Pakistan pour l’accès à l’Indus, ce qui a augmenté les tensions dans le Cachemire.

   Le réchauffement climatique et l’explosion démographique rendent le problème encore plus compliqué : comment approvisionner en eau et en nourriture le double de la population actuelle de la planète en seulement deux décennies ?

   L’Amérique du Sud est la région à la plus forte concentration de réserves d’eau, mais, entre toutes, la Colombie est dans une situation exceptionnelle. Le Choco est la zone au plus fort taux de précipitations, et le Catatumbo, qui est une région-écosystème que nous partageons avec le Venezuela, est le principal générateur d’ozone de la planète.

   Cependant, et bien que l’économie globale réagisse rapidement à ces réalités et que la tendance soit à la monétisation de l’eau et à la création de fonds spéciaux pour des compagnies qui manient la ressource et sa distribution dans des processus d’intégration verticale, en Colombie, les locomotives de la « prospérité » semblent calquées sur des modèles éculés, moins aboutis que l’on ne l’aurait cru (comme le brésilien, avec l’expansion du « Flex fuel » dans la production de combustibles, qui consomme d’importantes quantités d’eau douce), et l’exploitation minière sans contrôles ni projection stratégique. Les concessions se sont multipliées, même dans des territoires protégés par leur importance environnementale, sans l’examen adéquat ni un code qui régule dument l’activité. Cette semaine, la Conférence Episcopale faisait une demande inhabituelle au Gouvernement, où elle exposait les menaces de l’exploitation minière dans les régions, et ses effets dans l’exacerbation du conflit.

   Toutefois on ne voit personne au Gouvernement pour songer à un futur qui nous concernera tous, car nous ne sommes pas très loin de subir la militarisation des réserves d’eau et, partant, la prolifération des famines. N’est-ce pas cela que nous voyons déjà avec la déviation du rio Rancheria et l’imminente expansion du désert de La Guajira ?

 

Texte original : SPRINGER N. (2012). "Las guerras por el agua"

12:18 Publié dans Article, Citoyenneté, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : colombie | |

29/06/2012

Traiter la drogue avec sérieux

L’Uruguay fait face au problème de la légalisation du cannabis.

1235185579043_f.jpg   La proposition d’étatiser la production et la distribution de la marijuana a mis en relief un sujet qui le mérite. Peut-être le gouvernement a-t-il lancé l’idée pour détourner l’attention d’autres sujets plus délicats, comme l’augmentation des peines (qui dérange une bonne partie de la gauche) ou la tentative de contrôle des médias (qui inquiète l’opposition). Il est clair en outre que la proposition fut lancée sans une réflexion suffisante, comme le montrent les réactions du ministre Fernandez Huidobre et de l’ex-président Tabaré Vasquez. Néanmoins, même de cette façon, la recherche de solutions innovantes face à la menace du narcotrafic est un sujet qui mérite la priorité.

   Depuis déjà plusieurs décennies, les Etats perdent peu à peu la lutte contre le narcotrafic. Non seulement le fait est qu’ils ne peuvent pas le vaincre, mais c’est plutôt le contraire. Les narcotrafiquants brassent toujours plus d’argent et ont une capacité supérieure de corrompre les institutions. Ils parviennent à contrôler de grands territoires (comme en Amérique Centrale) et à plonger dans la violence des sociétés entières (comme au Mexique). Même les succès obtenus sont incomplets. La Colombie a eu des résultats, mais cela a donné un déplacement du trafic vers d’autres régions du continent.

   Cette dure réalité a plusieurs explications. Certaines ont à voir avec le pouvoir même du narcotrafiquant : il est très difficile que la justice, la politique et la police restent propres si l’on offre des pots-de-vin de centaines de milliers de dollars. D’autres raisons sont liées à l’évolution du trafic : étant donné que les grands trafiquants tendent à rétribuer leurs intermédiaires par de la drogue et non pas par de l’argent (à cause de l’augmentation des contrôles contre le blanchiment), on crée une forte offre locale qui a fini par effacer la distinction entre pays de transit et pays consommateurs. D’autres raisons ont toujours à voir avec des phénomènes de large portée, comme le déclin de la famille traditionnelle ou la dégradation de l’enseignement.

   Cette accumulation de facteurs oblige à songer à de nouvelles voies. Que le gouvernement le comprenne de cette façon est loin d’être critiquable. Le problème c’est qu’il le fasse avec légèreté.

   Cela a-t-il un sens de mettre la production et la distribution de la marijuana entre les mains d’une bureaucratie étatique qui montre tous les jours son inefficience et son manque de contrôle ? Car nous ne parlons pas ici d’un Etat abstrait mais de l’uruguayen. Celui-là même qui a échoué à réagir face aux nombreux indices montrant qu’il y avait des infirmiers tuant des gens. Celui-là même qui n’arrive pas à faire fonctionner les prisons et les foyers de l’INAU. Celui-là même qui dépense de l’argent pour réparer des voies qui s’avèrent inutilisables par la suite. Celui-là même qui, à l’échelle de la municipalité, sermonne tout juste des fonctionnaires qui utilisent des biens publics pour restaurer leur propre maison. C’est entre ces mains que nous allons mettre la marijuana ? Nous ne sommes pas capables de contrôler le stock de morphine dans un CTI mais nous prétendons contrôler le stock de cette substance ?

   D’autre part, a-t-on pensé aux possibles effets indésirables de cette politique ? Par exemple, à qui va-t-on la vendre exactement ? Aux seuls majeurs ou aux mineurs aussi ? Il est notoire qu’une grande partie du public consommateur de marijuana a moins de 18 ans. L’Etat va-t-il vendre de la drogue à des enfants de 14 ans ? C’est dur à accepter. Et si l’on en vend aux seuls majeurs, non seulement les narcotrafiquants retiendront une bonne portion du marché, mais ils auront un nouvel aiguillon pour stimuler la consommation chez les mineurs, parce que ce n’est que là qu’ils pourront s’étendre.

   Et qu’allons-nous faire du marché noir qui va sans doute se créer ? Qu’il y ait un registre d’acheteurs ou pas et que l’on demande les mégots ou pas, de nombreuses personnes qui ne sont pas consommatrices ou consomment très peu vont découvrir l’astuce de retirer de la marijuana sous leur nom pour la revendre ensuite. Va-t-on pénaliser ce comportement ? Si la réponse est affirmative, on ouvrira un nouveau front de répression. Et si elle est négative, nous courons le risque de transformer l’Etat uruguayen en pourvoyeur de drogue de toute la région.

   Penser des solutions innovantes ce n’est pas proposer n’importe quoi. Le problème qui préoccupe le gouvernement est réel, mais sa proposition montre toujours le même degré d’improvisation qu’il exhibe dans d’autres sphères. Contraints de chercher des alternatives, l’idée de légaliser la culture domestique semble plus sensée et moins exposée à des effets indésirables.

   Au lieu de nous aliéner en faveur ou à l’encontre d’une proposition peu réfléchie, nous autres Uruguayens méritons une étude étayée et sereine.

 

Texte original : Editorial - El País (Uruguay) (2012). "Enfrentar la droga con seriedad"

15:03 Publié dans Article, Citoyenneté, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : uruguay | |

07/06/2012

Le désert

Tranche de survie dans le désert séparant le Mexique de l’Eldorado nord-américain.

 desierto_altar_sonora_mexico_02.jpg  Ce devait être peu avant l’aube, il faisait très froid dans ce désert qui, c’est une honte, ne figurait sur aucune carte sous son nom ; Elena, étendue sur le dos sur le sable gelé, regardait vers l’infini, essayant (sans vraiment y parvenir) de bouger ses doigts engourdis pour écarter les cheveux qui lui couvraient les yeux… elle voulait pouvoir voir les étoiles qui s’évanouissaient, le ciel tout entier, elle voulait voir Dieu tout entier.

   « Où es-tu ? »

   Pensait-elle…

   Elle ne pouvait pas parler, elle avait la gorge enflée d’avoir pleuré sans cris.

   « Vas-tu me laisser mourir ici ?... Je veux revoir mes enfants…

   Est-ce un châtiment ? »…

   Le groupe de personnes avec lequel elle avait passé la frontière s’était désuni sous l’effet de la poursuite de la patrouille. Elle vit des hommes en uniforme aux visages semblables à ceux des fuyards courir, frappant et insultant tous ceux qu’ils parvenaient à rattraper ; elle et un autre étaient tombés dans un trou en essayant de se mettre à l’abri.

   Elle était là, immobile, respirant à peine pour ne pas être vue. Maintes heures avaient passé et elle n’entendait pas le moindre bruit, elle essaya de se redresser et quand elle posa sa main sur le sable, elle toucha une autre main froide, immobile, raide… c’était celle du garçon de quatorze ans qui avait voyagé depuis l’Equateur pour voir sa mère, il voulait aller jusqu’au Canada.

   Elle le reconnut quand les premiers rayons de soleil commencèrent à illuminer ce désert qui était toujours triste…

   Elena s’agenouilla et commença à faire une prière pour la mère du garçon, elle arracha le rosaire de son cou, le mit dans sa bouche morte et lui ferma les yeux.

   « Durant les quatorze premières années de la vie, le mot que l’on prononce le plus est « Maman », ce doit être horrible de ne pas être là pour l’entendre.

   C’est une partie de cette prière à Dieu qui déboucha sur des plaintes à ciel ouvert…

   « Comment survit-on l’âme divisé par des frontières ? »

   Elena murmurait entre deux sanglots rageurs, courts, qui lui transperçaient la poitrine comme des petits couteaux.

   « Comment survit-on sans pouvoir regarder tous les jours nos enfants ?... Pourquoi ne peut-on pas vivre quand nos enfants pleurent de faim ? Comment vit-on dans un pays où l’on ne peut jamais trouver de travail ? Comment survit-on dans des pays où la séquestration, la corruption, les assassinats, les violations des droits de l’homme sont notre pain quotidien, bon sang ! Réponds-moi !...

   Le désert ému souleva un peu de poussière pour caresser le visage d’Elena, il voulait la consoler. Tant de fois il avait entendu ces prières – appels. Tant de corps de mères, d’enfants, de pères, de frères… tant de Christ il gardait dans son ventre de sable, c’est là qu’ils avaient disparu, c’est là qu’il avait éprouvé les désirs de prétendre manger tous les jours, c’est là qu’étaient enterrées les âmes conscientes qui ne voulaient pas seulement survivre, elles voulaient vivre ! C’est là qu’étaient enfouies maintes ultimes pensées ; de temps en temps, le désert les laissait réapparaître sous la forme de minuscules petites fleurs blanches sous des arbustes nains.

   « Donne-moi un peu d’eau au moins ».

   Criait Elena à Dieu tandis qu’elle grattait le sable avec ses mains pour faire une sépulture aux désirs sans corps. Le désert se hâta de faire surgir une petite flaque d‘eau glacée, ce fut assez pour boire et pour se laver le visage, pour retirer le sable de son nez et d’entre ses dents, suffisant pour se mettre debout et chercher un point qui lui indiquerait une direction à suivre.

   Une lueur attira son attention à une distance qu’elle calcula, elle pouvait l’atteindre avant que le soleil ne brûle davantage, elle jeta un dernier regard sur la douleur d’une mère au fils mort et commença à marcher… accompagnée à son insu du désert.

   « Et ces fables où tu as ouvert la Mer Rouge, où tu as libéré un peuple de l’esclavage, où tu les as nourris dans le désert ? »

   Elena pensait que Dieu était meilleur avant que maintenant.

   « Abraham, tu lui as donné autant de descendance que d’étoiles dans le ciel, moi au moins, laisse-moi revoir mes enfants… je sais bien qu’ils disent que je ne suis pas une sainte, mais je crois toujours en toi, tu le sais, n’est-ce-pas ?

   Soudain, le désert la tira se sa prière silencieuse en enfonçant un de des pieds, elle essaya de ne pas perdre l’équilibre et regarda vers le nord : un camion d’une marque de bière approchait à grande vitesse, Elena trouva instinctivement la force que donnent le courage et l’impuissance, se serra l'estomac et entama une course folle en agitant ses mains levées au ciel pour que le chauffeur pût la voir, l’homme au camion l’aperçut au bord de l’autoroute et commença à réduire sa vitesse, jusqu’à s’arrêter face à elle.

   Un nuage de poussière enveloppa Elena la maltraitée, le désert voulut faire ses adieux, l’embrassa au milieu d’un vent sablonneux où flottaient les âmes et les désirs qui étaient restés vivre auprès de lui.

   « Merci, vous êtes un ange ! »

   Parvint à dire Elena.

   « Et vous, vous êtes un miracle, peu de gens survivent dans ce désert. »

   Lui répondit l’ange blanc, en anglais.

 

   Yolanda Chavez

   Los Angeles, Californie

 

Texte original : CHAVEZ Y. (2011). "El desierto" - Premier prix du concours de Conte Court Latino-américain organisé par l’Agenda Latino-américain

15:03 Publié dans Citoyenneté, Nouvelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mexique, etats-unis | |

06/05/2012

Torture et traitement cruel en libres sévices

De l’usage de la torture au Mexique.

1042762647.jpg   « Et bien chante maintenant » dit lors du Noël 2008 un militaire mexicain à une femme de l’état de Chihuahua (nord) tandis qu’il lui retirait son pantalon et la suspendait à une cage pour la frapper jusqu’à l’évanouissement et, deux jours plus tard, laisser un autre soldat encapuchonné la violer.

   Le cas de cette femme fait partie des 5176 recommandations émises en six ans par la Commission Nationale des Droits de l’Homme pour traitements cruels et dégradants contre des entités comme l’armée, le secrétariat de la Marine et les corps de police, entre autres autorités, dit à l’AFP Andrés Aguirre, troisième inspecteur général de cet organisme.

   Parmi elles il y a 113 cas de torture infligée par des militaires et des policiers. Dans le cas de la femme du Chihuahua, les soldats prétendaient que la victime dénoncerait des trafiquants de drogue et d’armes.

   Le 23 décembre 2008, un groupe de huit militaires vint à son domicile, la frappa, lui banda les yeux, la menotta et la transféra dans la réserve d’artillerie d’une tour de la garnison militaire à Ojinaga, une ville du Chihuahua située au bord du Rio Bravo, qui sépare le Mexique des Etats-Unis.

   Le 25 décembre, plusieurs militaires la frappèrent de nouveau. L’un d’eux ordonna de lui retirer son pantalon, lui attacha les mains avec des menottes, la laissant suspendue, « enleva sa ceinture et lui frappa l’abdomen et les jambes jusqu’à ce qu’elle s’évanouisse », rapporte la recommandation 88/2011 de la Commission Nationale des Droits de l’Homme.

   Deux jours plus tard, tandis qu’elle se douchait sur ordre de ses geôliers pour enlever le sang de son corps, « un militaire encapuchonné » entra et « la pénétra violemment par l’anus », ajoute le dossier envoyé au secrétariat de la Défense.

   Elle resta sept jours enfermée dans ce lieu, où l’on exigeait qu’elle « fasse mention (le signalement) de quelqu’un qui vendrait des drogues ou des armes », indique la recommandation.

   Les dénonciations pour traitements cruels, inhumains et torture au Mexique ont substantiellement augmenté de 336 plaintes qui furent constatées et validées en tant que recommandations en 2006, à 392 en 2007, 564 en 2008, 1055 en 2009, 1163 en 2012 et 1666 l’année dernière, précisa le fonctionnaire.

   L’augmentation de ces violations des droits humains « a été, pour l’essentiel, le fruit des actions de lutte contre la délinquance qui ont été réalisées dans cette administration et avec l’incursion des forces armées dans des tâches qui d’ordinaire sont du ressort de la police », dit Aguirre dans une interview.

   La plupart de ces violations sont enregistrées peu après l’arrestation et avant que les détenus soient présentés devant le ministère public, expliqua le visiteur.

   Le président Felipe Calderón lança à son arrivée au pouvoir, en décembre 2006, une campagne militaire contre les cartels de narcotrafic. Les combats entre ces deux groupes et les affrontements avec les soldats ont fait durant cette période plus de 50000 morts dans le pays, incluant un nombre indéterminé de victimes étrangères aux organisations criminelles.

   Les partis de gauche de la Révolution Démocratique et du Travail impulsèrent au Sénat une modification de la loi pour prévenir et sanctionner la torture, visant à des condamnations jusqu’à 16 ans plus longues et à la radiation définitive des agents du service public qui commettraient ce délit. Cette modification sera débattue lors de la séance plénière de la Haute Chambre pour approbation le 10 avril prochain.

   La torture pour obtenir des aveux de possession d’armes et de drogue se répète dans plusieurs des recommandations émises par la Commission des Droits de l’Homme, qui a sollicité des sanctions pour 7760 autorités qui infligèrent des traitements cruels et inhumains.

   Parmi les centaines de pages publiées par la commission sur son site internet, où elle décrit ces cas, il y en a au moins deux où la torture déboucha sur la mort des victimes.

   Une technique récurrente dans divers dossiers publiés consiste en l’application de sacs plastiques sur la tête des victimes pour les asphyxier, ainsi que des coups et des décharges électriques.

   Parmi ces documents on trouve aussi le cas de la journaliste Lydia Cacho, arrêtée en décembre 2005 dans la station balnéaire de Cancun (sud-est), en guise de représailles de la part de personnes de la politique et du monde de l’entreprise mentionnées dans une enquête sur les réseaux pédophiles qu’elle a publiée.

   L’écrivaine fut transférée illégalement de Cancun à la ville de Puebla, au centre du pays, un trajet de 1668 kilomètres. Durant le trajet, où elle subit de nombreuses privations et une torture psychologique, les agents qui la transférèrent à une prison de Puebla « faisaient des commentaires sur le fait qu’ils verraient la mer de nuit, de même qu’ils lui demandaient si elle savait nager de nuit ».

   La journaliste mexicaine et défenseuse des droits humains Lydia Cacho présente son livre « Esclaves du pouvoir » le 29 novembre 2010 à la Foire du Livre de Guadalajara.

 

Texte original : PINEDA L. (2012). "La tortura y el trato cruel se disparan"

16:17 Publié dans Article, Citoyenneté | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mexique | |

 
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