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28/09/2012

La régulation de l’avortement doit rester en l’état

Considérations sur le Droit de choisir.

aborto espanya.jpg   Un contreprojet de loi pour lequel le Code Pénal est remodifié a été récemment rendu public. La réforme visée est certainement d’ampleur, ce n’est pas une réforme de plus parmi celles promulguées par notre Code Pénal de 1995. On peut la situer dans celles qui ont accentué, dès lors, une diminution des garanties des citoyens sous l’idéologie de la sécurité citoyenne au détriment de la sécurité juridique. Les différents gouvernements, et ce n’est pas là une exception, se laissent facilement séduire par des détours législatifs mus par des atttaques simplistes dont ils croient qu'elles les rendront plus populaires, sans penser, ou peut-être que si, qu’ils compromettent l’Etat de droit et que, bien évidemment, ils nous appauvrissent tous davantage encore quant au système de garanties juridiques. A ce stade, tous pauvres et sans garanties.

   La création de certains « petits délits » comme conséquence de la suppression des fautes, la nouvelle peine de « prison permanente révisable », la prévision de mesures comme la « protection de sécurité » en sont quelques exemples. On ne peut justifier ces réformes dans leur caractère exceptionnel, car il n’existe pas d’exceptions au système de libertés propre à un Etat de droit. Je me rappelle ce personnage qui se prétendait contraire à la peine de mort, mais qui affirmait qu’elle devait seulement s’imposer dans des cas très graves et si les preuves étaient claires. Génial.

   Outre l’existence de ce contreprojet de loi, nous avons appris la nouvelle de la proposition de réforme de la régulation de l’avortement que planifie le Gouvernement et dont les détails n’ont pas été précisés. Sans doute, avec la même inspiration. En réalité, l’avortement n’a pas d’idéologie, c’est un problème intime et personnel. Sa régulation, parfois à l’état brut, a elle une idéologie. C’est là que le bât blesse.

   Personne ne discute qu’il faille défendre la vie. Maintenir que les partisans de la dépénalisation des normes juridiques de l’avortement ou de l’interruption de la grossesse dans un délai déterminé vont à l’encontre du droit à la vie ne laisse pas d’être une aberration injustifiable quelle qu’en soit la perspective. Et si elle est défendue par des personnes plus ou moins spécialisées, l'absurdité n'en est que plus grave. Ils savent – ou devraient savoir – que notre Code Pénal observe les causes de justification – légitime défense et état de nécessité – c’est pourquoi ne pas punir, dans certains cas, la mort de l’autre ne sous-entend pas attaquer le droit à la vie. Ils savent – ou on imagine qu’ils savent – que le principe de culpabilité est souverain dans notre Droit, c’est pourquoi ne pas exiger d’une personne, dans des circonstances extrêmes, qu’elle ne respecte pas ledit droit ne signifie pas être contraire au droit à la vie.

   Pour l’avortement on ne tient pas seulement compte du droit attribué au fœtus, en relation avec l’article 15 de la Constitution, qu’est sa vie dépendant de la femme ou son espérance de vie autonome, comme l’a unanimement soutenu depuis toujours toute la doctrine – sans exceptions – mais aussi des droits de la femme enceinte, son intégrité physique et psychique, son droit au libre développement de sa personnalité. Comme dans tout conflit juridique, le Droit Pénal offre des solutions. Et les méconnaitre dans ce cas, seulement dans ce cas, permet de mettre à nu idéologiquement ceux qui font cela, qui semblent substituer leurs propres convictions morales aux principes basiques d’un droit pénal propre à un Etat de droit.

   L’actuelle régulation juridico-pénale de l’avortement a quelques défauts techniques, lesquels d’autre part surgissent souvent dans les modifications législatives qui ont lieu dans différentes matières, mais cela ne justifie pas une réforme substantielle de celle-ci. Cette régulation est totalement adaptée depuis la perspective strictement juridique signalée plus haut. Et à l’évidence elle respecte l’intégralité des intérêts juridiques en conflit et, partant, les droits des femmes qui, dans les normes autorisées par la loi, décident d’avorter. Décision toujours difficile et à maintes reprises extrêmement dure, qui doit être respectée, pas seulement au  niveau juridique, sans rajouter des éléments qui accentueraient la dite souffrance de façon injustifiée. Nous ne pouvons oublier que l’avortement est la seule norme du Code Pénal où les femmes en sont les seules auteures possibles – l’intervention des troisièmes exclue – détail oublié par certains, qui pour cette raison ne peuvent même pas concevoir ce que suppose se confronter à la décision d’avorter.

   La régulation de l’avortement doit rester en l’état. Elle ne doit pas être remplacée par des facteurs moraux, voire idéologiques, étant donné le caractère intime, personnel, voire familial, de la réalité de l’avortement. On ne doit pas priver – une fois encore – de garanties juridiques les femmes qui décident d’avorter licitement, en les poussant comme aux temps anciens au « tourisme abortif » – en dépit de moindres ressources économiques désormais – ou à la clandestinité, avec les risques de tout type que cela suppose.

   Il est préférable que la politique réfléchisse à nous sortir de la situation économique où nous sommes, plutôt qu’à appauvrir aussi la citoyenneté en garanties, car dans ce cas la perte de ressources économiques fait de cette diminution quelque chose de particulièrement étouffant pour tous, et bien évidemment pour l’Etat de droit lui-même.

 

Texte original : BOIX REIG J. (2012). "La regulación del aborto debe dejarse como está"

16:25 Publié dans Article, Citoyenneté, Droit, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : espagne | |

20/09/2012

Chavez, le privatiseur

El Comandante, ennemi du public numéro un?

Hugo Chavez.jpg   Dans l’histoire politico-économique des 20ème et 21ème siècles, le gouvernement qui a le plus privatisé la production de biens publics au Venezuela est l'actuel, d’Hugo Chavez Frias. Voici comment.

   Dans toute société, il existe trois types de biens : publics, privés et communs ou gratuits. Il faut produire les biens publics comme l’infrastructure physique et sociale, les rues, avenues, places, voies, moyens, routes, autoroutes, eaux noires et eaux blanches, la santé et l’éducation et, par conséquent, ils ont un coût de production que l’Etat paie avec des impôts en gage d’une productivité et d’une rentabilité sociale meilleures. Tandis que les biens privés, qui doivent aussi être produits et, de ce fait, ont un prix, impliquent une rentabilité financière, avec la capacité d’exclure de l’usufruit des tiers ; par exemple, les aliments (la place est à tout le monde mais ma nourriture est à moi et ce qui est à toi est à toi), les manufactures, les automobiles, et les services à l’industrie ou aux consommateurs. Finalement, les biens communs ou gratuits comme la mer, les rivières ou le lac de Valencia, la flore et la faune, sont des dons de Dieu ou des biens de la nature, qui ne sont pas produits et, par conséquent, n’ont pas de prix, de  même que de par leurs caractéristiques ils ne permettent pas d’exclure de leur usufruit ou profit un tiers.

   Malheureusement, non seulement Chavez n’a pas protégé les biens communs de la nature, comme c’est arrivé avec le lac de Valencia, celui de Maracaibo et les nappes de pétrole, mais il a aussi privatisé les biens publics fondamentaux.

   Hugo Chavez Frias fut le plus grand privatiseur de biens publics du Venezuela des 20ème et 21ème siècles. Quand on observe que la grande majorité des zones résidentielles du pays ont des postes de garde privés ; quand il faut confier à des clubs privés l’abandon et le manque de sécurité des parcs, rues, avenues et places publiques ; quand les gens achètent des voitures blindées pour ne pas être agressés dans le trafic, quand un certain nombre se paie des gardes du corps, parce que la police est inefficace, extorque et commet des délits, le gouvernement de Chavez privatise le bien public, la sécurité.

   Quand nous voyons avec douleur que les pauvres et les moins bien lotis n’accèdent pas aux universités du fait de n’être pas préparés ; quand les parents doivent payer des collèges privés ; quand les pires maîtres, la drogue, les mafias sont dans les lycées publics moribonds, Chavez privatise le bien public, l’éducation.

   Quand les pauvres perdent une demi-journée de travail pour pouvoir descendre, remplir et remonter leur bombonne de gaz dans les collines, Chavez privatise le service public, la distribution du gaz. Quand les moins bien lotis doivent attendre les camions-citernes qui apportent de l’eau, Chavez privatise le service public des eaux blanches. Et, quand dans les immeubles et dans les usines on dépense d’énormes sommes d’argent pour pouvoir installer des générateurs électriques et faire face à la crise d’énergie du pays, Chavez privatise le service public de l'électricité.

   Nous avons un pays à l’envers, l’Etat produisant des biens privés tels que les barres d’armature, le ciment, le café, l’huile et l’arepa, mais pas l’éducation, la santé et en fin de compte, l’infrastructure physique et sociale. A lui seul, le Fonden a brassé autour de cent milliards de dollars américains, assez pour cent autoroutes Caracas  –  Puerto la Cruz, de nombreux ports et aéroports, routes, connexions entre villes et villages, des milliers d’écoles, d’hôpitaux, de places, d’espaces publics et sportifs. Mais rien de tout cela n’a été fait par le président Hugo Chavez Frias, le plus grand privatiseur de l’histoire récente vénézuélienne, oui, celui-là même qui taxe Henrique Capriles de néolibéral.

 

Texte original : GARCIA BANCHS A. (2012). "Chávez, el privatizador"

18:38 Publié dans Article, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : venezuela | |

11/09/2012

Le bruit des canons cessa

Mémoire chilienne de l’autre 11 septembre

salvador allende.jpg   Pour nous qui avons grandi sous la dictature, cette chanson représente bien des émotions. Ses paroles et musique (par Jorge Inostroza et Willy Bascuñan) transpirent la dramaturgie du retour des troupes sacrifiées sur le champ de bataille vers la fin du 19ème siècle, mais qui à partir du coup d’Etat du 11 septembre 1973 a pris une autre signification pour nous qui avons vécu au quotidien la répression et la pauvreté des quartiers délaissés de Santiago et de toutes les villes du Chili. Utilisées à foison par l’institution militaire après le coup d’Etat, les paroles originales (qui revisitent la geste de la Guerre du Pacifique, dont l’héroïsme et les horreurs emplissent toujours l’âme de trois pays frères du cône sud de contradictions) font désormais partie d’une fracture politique et émotionnelle qui ne guérit toujours pas au Chili.

   Aussi cet hommage invite-t-il à imaginer que « le bruit des canons cessa » en ce froid matin du 11 septembre 1973…

   Imagine qu’il n’y ait pas eu de troupes chiliennes pour attaquer La Moneda, que le chant des enfants ait freiné en douceur le fracas des obus. La part la plus noble du Chili a été sauvée, alors, ce matin sous un bombardement qui, derrière les montagnes de la vallée de Santiago désireuses de souhaiter la bienvenue au printemps, s’est diluée en cauchemars inertes qui ne sont jamais parvenus à souiller notre âme à tous, le peuple chilien. Non : le président Allende n’est pas décédé ce matin-là. Des avions de nos troupes n’ont pas massacré les murs coloniaux à la recherche du cœur des quelques défenseurs présents au beau milieu du combat inégal entre chiliens et contre le Président du Chili ! Le sang d’un président du Chili n’a pas coulé sur le Palais de La Moneda !

   Le véritable héros de cette journée est sans doute l’union indissoluble entre le président martyr et son projet social. La statue face à La Moneda suffit-elle à rendre justice au sacrifice du chef d’état socialiste ? Déclarez sur les murs de Santiago : la Place de la Constitution devrait s’appeler « Place Salvador Allende ». La portion de l’Alameda face au lieu où le président du Chili a trouvé la mort devrait s’appeler « Président Salvador Allende ». La rue Moneda devrait oublier les singeries bureaucratiques et devrait s’appeler « camarade président, Salvador Allende ». La classe politique de droite et de gauche devrait s’unir pour incliner la tête dans un profond respect, honorer le véritable sacrifice de cette histoire et s’unir dans un hommage national permanent à un président qui est mort, en cet endroit, au cœur du foyer qui accueille le nouveau pouvoir en lice. Un président est mort au Palais de La Moneda ! Un président est mort au Palais de La Moneda. Un président…

   La recherche de réponses aux besoins indéniables d’égalité et d’opportunités qui brisent le déterminisme d’origine sociale est, en profondeur, un héritage du mouvement social d’une centurie, qu’a représentée Allende dans son voyage presque impossible vers la Présidence du Chili. L’actuel mouvement estudiantin et d’autres forces revendicatrices de droits basiques professionnels et sociaux est, sans doute, un bourgeonnement miraculeux de la graine plantée par l’immolation d’Allende sur son siège présidentiel. Toute l’avancée sociale et l’accès aux opportunités justes pour tous les enfants du Chili durant ces décennies post-dictature semblent suivre une ligne argumentative qu’est venu nous réciter au creux de l’oreille le « camarade président », année après année, depuis une tombe illusoire. Surgit alors la grande question historique : le massacre était-il nécessaire ? La torture sauvage était-elle réellement nécessaire ? Ceux qui ont pris les armes institutionnelles pour renverser le citoyen élu lors du combat électoral juste ont-ils été réellement vaincus ou ont-ils triomphé? La véritable rupture dans le corps chilien est survenue après l’effondrement de décennies d’avancée du mouvement social, quand la communauté sociale fut divisée par la marque idéologique que l’on prétendait justement exterminer, entre Chiliens « patriotes » et Chiliens « traîtres ». Après cette séparation arbitraire des valeurs nationales, appuyer sur la gâchette et faire succomber « l’ennemi apatride » n’était plus qu’une question d’heures…

   Et maintenant, après toutes les années d’autoritarisme dont nous autres Chiliens avons souffert, avec l’extermination systématique de ceux qui ont appuyé l’Unité Populaire dans ses hautes sphères aussi bien que de ceux qui construisaient la vie comme des ouvriers dans les rues, nous avons fini par arborer, droite et gauche confondues, un agenda basique, une entente minimum, dans le besoin de nous attacher à créer une société plus juste et intégratrice, condition évidemment indispensable au développement du pays. Nous en sommes arrivés, après une déviance dramatique qui a coûté la vie et l’âme à des milliers de Chiliens, aux mêmes grands échecs qui réclament, après des décennies d’histoire, les mêmes réponses urgentes.

   C’est pourquoi, après ce voyage superficiel dans les ombres (un passage où le concept même de patrie a été divisé dans notre tranchée idéologique à tous), il est nécessaire d’appeler à fermer les yeux lors de ce nouvel anniversaire de la rupture de notre humanité nationale et implorer alors, « que cesse le bruit des canons derrière les fantômes qui font souffrir notre âme tous les 11 septembre ! » Derrière notre mémoire historique, et celle des enfants de nos enfants, que le passé horrible de tants de compatriotes ne soit pas vain, car au bout du compte, en ce nouveau 11 septembre 1973 qui surgit du rêve du possible…

« … les enfants entourent La Moneda,

leurs mains caressent joyeuses

le peuple qui élève son chant

Un soldat soupire,

un genou à terre,

qui réclame repos et soulagement »

 

 

Texte original : ZAMORANO P. (2012). "Cesó el tronar de los cañones"

15:54 Publié dans Article, Citoyenneté, Histoire, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chili | |

02/09/2012

Le droit de naître et le droit de mourir

Ramon Sampedro, inspirateur du film Mar Adentro, évoque l’euthanasie.

Ramon Sampedro.jpg   Il n’est d’esclavage plus immoral que celui de la conscience. C’est la culture de l'involution, de l’enfer, de la mort, car elle mène irrémédiablement au ressentiment, au crime, à la destruction.

   Qu’est-il advenu de toutes les vérités sacrées et profanes, et toutes les vies sacrifiées pour les défendre, qui sont aujourd’hui considérées comme des crimes contre l’humanité ?

   Une des grandes erreurs philosophiques est de nier à l’individu le droit de renoncer à sa vie. Cela signifie qu’on ne veut jamais lui concéder que c’est là sa propriété. Libre et adulte.

   On n’a pas enseigné l’art de la bonne mort afin de défendre le caractère sacré de la vie, mais par crainte que les esclaves renoncent en masse à l’enfer de vies misérables.

   Il n’est pas absurde que les puissants justifient la souffrance comme un devoir moral parce que c'est la source de son bien-être jouissif. L’absurdité réside dans le fait que ceux qui furent esclaves, quand ils sont légitimés par la conscience collective pour corriger l’abus, l’erreur ou le crime, continuent d’appliquer les lois de leur ancien maître et leurs fondements – je me réfère aux socialistes et à la Constitution.

   Le droit de naître est fondé sur une vérité : le désir du plaisir. Le droit de mourir est fondé sur une autre vérité : le désir de ne pas souffrir. La raison éthique met le bien et le mal dans chacun de ses actes. Un enfant conçu contre la volonté de sa mère est un crime. Une mort contre la volonté de la personne aussi. Mais un enfant désiré et conçu par amour est, bien évidemment, un bien. Une mort désirée pour se libérer de la douleur irrémédiable aussi.

   La vie est fondée sur une vérité. Elle évolue en corrigeant systématiquement l’erreur. Le manuel d’instructions est la nature. Qui l’interprète fautivement crée le chaos.

   Si l’on refuse le droit de renoncer à la douleur insensée, l’on interdit aussi le droit d’être plus libre, plus noble, plus juste, le droit à l’utopie de se libérer de la tour où vous ont enfermé les législateurs. Ils ont exterminé les bêtes sauvages pour prendre leur place et font maintenant office de maîtres. Ils dictent des lois et des fondements de droits, ils créent des esclavages dont aucune raison ne peut échapper. La raison a créé pour son espèce une tour infernale.

   La liberté signifie la liberté totale. La justice signifie l’amour, le bien-être et le plaisir pour tout. C'est-à-dire l’équilibre.

   Aucune liberté ne peut être construite sur une tyrannie. Aucune justice sur une injustice ou une douleur. Aucun bien universel sur une souffrance injuste. Aucun amour sur une obligation. Aucun humanisme sur une cruauté, quel que soit l’être vivant qui en souffre. La différence entre la raison éthique et la croyance fondamentaliste est que la première est la lumière, la libération ; la seconde les ténèbres, la tour infernale.

 

Texte original : SAMPEDRO R. "El derecho de nacer y el derecho de morir"

07:14 Publié dans Citoyenneté, Film, Livre, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : espagne | |

 
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