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13/08/2012

Une apparente simplicité

La magie du réel chez le cinéaste argentin Carlos Sorin.

argentine   Il est venu à l'idée de Carlos Sorin* de réaliser un long-métrage de fiction avec des acteurs non-professionnels il y a quelques années tandis qu’il filmait un spot publicitaire où l’on narrait l’impact causé dans un petit village de Patagonie par l’installation d’un téléphone (celui d'un local qui disait : « Coucou ! Tu ne devineras jamais d’où je t’appelle ? ») A son arrivée dans ce village, il vit que la grande excitation qui régnait chez les habitants n’était pas tant due à la présence d’une équipe de tournage qu’à l’apparition du téléphone lui-même. En cet instant, il se rendit compte que cela n’avait pas de sens de filmer la représentation de quelque chose qu’il avait réellement sous les yeux, il renvoya ses acteurs à Buenos Aires et tourna avec les villageois, véritables protagonistes de l’histoire.

   Après cette heureuse expérience, il ébaucha trois histoires avec le scénariste Pablo Solarz et entama un casting en divers lieux du territoire argentin. Une fois la première sélection effectuée, ils réécrivirent le scénario en fonction de la distribution. Ainsi Historias mínimas (2002) est-il né comme l’exploration de l’une des différentes façons d’aborder le thème de la représentation de la réalité. La différence majeure entre un long-métrage de fiction et un documentaire réside probablement dans le fait que la fiction manie des matériaux qui n’existent que pour le film, tandis que les personnages et évènements du documentaire ont ou ont eu une existence indépendante de l’acte de filmer. Carlos Sorin a remis en question cette limite en faisant de l’acteur et du personnage la même personne.

   Ce n’est pas la première fois que ce réalisateur joue avec les frontières ambiguës et floues qui séparent la fiction de la réalité. Dans son premier opus, La película del rey (1986), l’histoire d’un metteur en scène et l’histoire du roi étaient à la fin la même, celle d’une passion partagée. L’année suivante, il tourna La era del ñandú, un documentaire apocryphe pour le cycle télévisuel Science et Conscience. Prenant comme point de départ le fameux cas de la crotoxine (un médicament censé soigner le cancer), Sorin a construit un récit en combinant une histoire disparate avec les codes du réalisme télévisuel, avec pour résultat un surprenant effet de crédibilité auprès du public.

   L’action de ces Historias mínimas se déroule dans la province de Santa Cruz. Don Justo (Antonio Benedectis) est un vieillard de 80 ans qui entame un voyage de 400 kilomètres à la recherche de Malacara, son chien. Roberto (Javier Lombardo) est un délégué commercial qui tente de séduire une jeune veuve en lui apportant une galette pour l’anniversaire de son fils. Maria (Javiera Bravo) est une femme très modeste qui doit voyager jusqu’à la ville de Puerto San Julian pour recevoir un prix gagné au tirage au sort d’une émission de télévision. Les trois protagonistes évoluent sur les mêmes routes désertes de Patagonie, mais leurs histoires se croisent sans raison dans quelques étapes.

   La simplicité des histoires narrées ne doit pas être assimilée à des mises en scène aux procédés simples ou élémentaires. Fin connaisseur des possibilités de manipulation du tournage et du montage, Sorin a construit un récit avec une cohérence textuelle inusitée dans notre cinéma. La narration entremêle les trois histoires, non seulement dans ses croisements thématiques, mais aussi par une grande quantité de détails, parmi lesquels je vais seulement citer ici la présence insistante de la télévision, ou le ballon de foot qui peut être une tortue et la tortue qui peut être une trousse de maquillage. Un des principaux plaisirs que procure Historias mínimas est de découvrir ces motifs qui se répètent et se transforment, mais restent présents tout au long du récit. Derrière son apparente simplicité, le film présente une complexité surprenante. Avec un œil attentif, ce qui nous est présenté comme « la vraie vie » se révèle être une superbe construction, un simulacre créé par ce grand illusionniste qui a pour nom Carlos Sorin. Historias Mínimas est un bon exemple de la recherche consciente d’un auteur qui développe un programme basé sur la formation et le travail afin d’obtenir un objet esthétique, à la différence du « génie » qui le trouve simplement grâce à ses supposées intuition et sensibilité.

   Considérant que les deux films utilisent des acteurs professionnels et amateurs, et que les deux présentent une histoire quasi minimaliste, on peut songer à quelques questions autour de Historias mínimas et de la surévaluée Caja Negra (Luis Ortega, 2001). Tout film est une mise en relation entre des corps : entre les corps filmés, le dispositif filmique (que nous pourrions penser comme le corps du narrateur) et le corps de tout spectateur. La responsabilité éthique du réalisateur est immense, parce qu’il occupe la place de médiateur entre l’univers représenté et le spectateur. Bien que ce soit ce dernier qui complète la relation, il le fait à partir de certaines normes proposées par la narration. Le directeur est celui qui, en première instance, conditionne le regard du spectateur, qui lui donne les premières instructions afin de construire le corps représenté. Sorin construit les corps représentés avec un regard affectueux, tendre. A l’extrême opposé, Ortega regarde les corps des acteurs non-professionnels avec une distance propre à un entomologiste (justement le contraire de ce qu’il fait avec le corps de Dolores Fonzi), en les observant mais sans jamais entrer en contact avec eux. Il est frappant que l’immense majorité des critiques qui ont été faites à Caja Negra ne se référaient pas aux premiers plans du film (qui montrent des singes enfermés dans une cage), un moment d’une importance capitale dans le récit de par sa caractéristique fondatrice du regard proposé par Ortega. Sur ce point, les propositions de Sorin et Ortega représentent deux grandes attitudes qui s’opposent comme la santé et la maladie, ou comme dirait Metz, le moral et l’immoral.

 

*Films notables:

·   2002 : Historias mínimas

·   2004 : Bombón el perro

·   2006 : El camino de San Diego

·   2009 : La Fenêtre

 

Texte original : ORMAECHEA L. "Una sencillez aparente"

06:57 Publié dans Culture, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : argentine | |

30/07/2012

La guerre de l’eau

Conflits autour de l’or bleu en Colombie et dans le reste du monde.

oro azul.jpg   Madalena se lève très tôt pour aller en quête de l’eau pour cuisiner. Elle doit effectuer depuis son village, entre Lobito et Benguela, un long et dur trajet, après avoir subi une amputation en tant que victime d’une mine antipersonnel. En Angola, entre 14 et 20 millions de mines ont été éparpillées, d’après les estimations, soit deux fois la population du pays, plus particulièrement autour des fontaines d’eau, un bien stratégique extrêmement rare.

   Si vous avez l’impression qu’il s’agit là d’une réalité lointaine, pensez-y à feux fois. Les prochaines guerres, qui s’expriment déjà par des conflits de faible intensité dans certaines régions de la planète, ne se feront pas pour l’exploitation des diamants ou pour le contrôle du trafic de stupéfiants. Elles se feront pour l’eau. Et l’eau est distribuée de façon très inégale. 97,5% de l’eau de la planète est salée et se trouve dans les océans. Sur les 2,5% d’eau douce, 0,26 seulement est disponible pour la consommation humaine.

   Cette situation affecte spécialement certaines régions, comme le Sahel, en Afrique. 95% des Egyptiens vivent dans la vallée du Nil, dont dépendent dix pays, mais dont le monopole est sous le contrôle de l’Egypte et du Soudan.

   Pour avoir une perspective de l’impact, la baisse du flux annuel du Nil entre 1970 et 1987 a coïncidé avec la famine dont a souffert durant cette période toute la région. Les négociations pour la distribution de l’eau ont été passablement raisonnables au fil des ans, mais la question est : cela va-t-il changer maintenant que les Frères musulmans sont arrivés au pouvoir en Egypte et que le Soudan est divisé en deux ? Des situations semblables ont lieu dans le litige entre Israël, la Jordanie, La Syrie, la Palestine pour l’accès à l’eau du Jourdain, avec la Syrie en pleine guerre civile ; et entre l’inde et le Pakistan pour l’accès à l’Indus, ce qui a augmenté les tensions dans le Cachemire.

   Le réchauffement climatique et l’explosion démographique rendent le problème encore plus compliqué : comment approvisionner en eau et en nourriture le double de la population actuelle de la planète en seulement deux décennies ?

   L’Amérique du Sud est la région à la plus forte concentration de réserves d’eau, mais, entre toutes, la Colombie est dans une situation exceptionnelle. Le Choco est la zone au plus fort taux de précipitations, et le Catatumbo, qui est une région-écosystème que nous partageons avec le Venezuela, est le principal générateur d’ozone de la planète.

   Cependant, et bien que l’économie globale réagisse rapidement à ces réalités et que la tendance soit à la monétisation de l’eau et à la création de fonds spéciaux pour des compagnies qui manient la ressource et sa distribution dans des processus d’intégration verticale, en Colombie, les locomotives de la « prospérité » semblent calquées sur des modèles éculés, moins aboutis que l’on ne l’aurait cru (comme le brésilien, avec l’expansion du « Flex fuel » dans la production de combustibles, qui consomme d’importantes quantités d’eau douce), et l’exploitation minière sans contrôles ni projection stratégique. Les concessions se sont multipliées, même dans des territoires protégés par leur importance environnementale, sans l’examen adéquat ni un code qui régule dument l’activité. Cette semaine, la Conférence Episcopale faisait une demande inhabituelle au Gouvernement, où elle exposait les menaces de l’exploitation minière dans les régions, et ses effets dans l’exacerbation du conflit.

   Toutefois on ne voit personne au Gouvernement pour songer à un futur qui nous concernera tous, car nous ne sommes pas très loin de subir la militarisation des réserves d’eau et, partant, la prolifération des famines. N’est-ce pas cela que nous voyons déjà avec la déviation du rio Rancheria et l’imminente expansion du désert de La Guajira ?

 

Texte original : SPRINGER N. (2012). "Las guerras por el agua"

12:18 Publié dans Article, Citoyenneté, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : colombie | |

29/06/2012

Traiter la drogue avec sérieux

L’Uruguay fait face au problème de la légalisation du cannabis.

1235185579043_f.jpg   La proposition d’étatiser la production et la distribution de la marijuana a mis en relief un sujet qui le mérite. Peut-être le gouvernement a-t-il lancé l’idée pour détourner l’attention d’autres sujets plus délicats, comme l’augmentation des peines (qui dérange une bonne partie de la gauche) ou la tentative de contrôle des médias (qui inquiète l’opposition). Il est clair en outre que la proposition fut lancée sans une réflexion suffisante, comme le montrent les réactions du ministre Fernandez Huidobre et de l’ex-président Tabaré Vasquez. Néanmoins, même de cette façon, la recherche de solutions innovantes face à la menace du narcotrafic est un sujet qui mérite la priorité.

   Depuis déjà plusieurs décennies, les Etats perdent peu à peu la lutte contre le narcotrafic. Non seulement le fait est qu’ils ne peuvent pas le vaincre, mais c’est plutôt le contraire. Les narcotrafiquants brassent toujours plus d’argent et ont une capacité supérieure de corrompre les institutions. Ils parviennent à contrôler de grands territoires (comme en Amérique Centrale) et à plonger dans la violence des sociétés entières (comme au Mexique). Même les succès obtenus sont incomplets. La Colombie a eu des résultats, mais cela a donné un déplacement du trafic vers d’autres régions du continent.

   Cette dure réalité a plusieurs explications. Certaines ont à voir avec le pouvoir même du narcotrafiquant : il est très difficile que la justice, la politique et la police restent propres si l’on offre des pots-de-vin de centaines de milliers de dollars. D’autres raisons sont liées à l’évolution du trafic : étant donné que les grands trafiquants tendent à rétribuer leurs intermédiaires par de la drogue et non pas par de l’argent (à cause de l’augmentation des contrôles contre le blanchiment), on crée une forte offre locale qui a fini par effacer la distinction entre pays de transit et pays consommateurs. D’autres raisons ont toujours à voir avec des phénomènes de large portée, comme le déclin de la famille traditionnelle ou la dégradation de l’enseignement.

   Cette accumulation de facteurs oblige à songer à de nouvelles voies. Que le gouvernement le comprenne de cette façon est loin d’être critiquable. Le problème c’est qu’il le fasse avec légèreté.

   Cela a-t-il un sens de mettre la production et la distribution de la marijuana entre les mains d’une bureaucratie étatique qui montre tous les jours son inefficience et son manque de contrôle ? Car nous ne parlons pas ici d’un Etat abstrait mais de l’uruguayen. Celui-là même qui a échoué à réagir face aux nombreux indices montrant qu’il y avait des infirmiers tuant des gens. Celui-là même qui n’arrive pas à faire fonctionner les prisons et les foyers de l’INAU. Celui-là même qui dépense de l’argent pour réparer des voies qui s’avèrent inutilisables par la suite. Celui-là même qui, à l’échelle de la municipalité, sermonne tout juste des fonctionnaires qui utilisent des biens publics pour restaurer leur propre maison. C’est entre ces mains que nous allons mettre la marijuana ? Nous ne sommes pas capables de contrôler le stock de morphine dans un CTI mais nous prétendons contrôler le stock de cette substance ?

   D’autre part, a-t-on pensé aux possibles effets indésirables de cette politique ? Par exemple, à qui va-t-on la vendre exactement ? Aux seuls majeurs ou aux mineurs aussi ? Il est notoire qu’une grande partie du public consommateur de marijuana a moins de 18 ans. L’Etat va-t-il vendre de la drogue à des enfants de 14 ans ? C’est dur à accepter. Et si l’on en vend aux seuls majeurs, non seulement les narcotrafiquants retiendront une bonne portion du marché, mais ils auront un nouvel aiguillon pour stimuler la consommation chez les mineurs, parce que ce n’est que là qu’ils pourront s’étendre.

   Et qu’allons-nous faire du marché noir qui va sans doute se créer ? Qu’il y ait un registre d’acheteurs ou pas et que l’on demande les mégots ou pas, de nombreuses personnes qui ne sont pas consommatrices ou consomment très peu vont découvrir l’astuce de retirer de la marijuana sous leur nom pour la revendre ensuite. Va-t-on pénaliser ce comportement ? Si la réponse est affirmative, on ouvrira un nouveau front de répression. Et si elle est négative, nous courons le risque de transformer l’Etat uruguayen en pourvoyeur de drogue de toute la région.

   Penser des solutions innovantes ce n’est pas proposer n’importe quoi. Le problème qui préoccupe le gouvernement est réel, mais sa proposition montre toujours le même degré d’improvisation qu’il exhibe dans d’autres sphères. Contraints de chercher des alternatives, l’idée de légaliser la culture domestique semble plus sensée et moins exposée à des effets indésirables.

   Au lieu de nous aliéner en faveur ou à l’encontre d’une proposition peu réfléchie, nous autres Uruguayens méritons une étude étayée et sereine.

 

Texte original : Editorial - El País (Uruguay) (2012). "Enfrentar la droga con seriedad"

15:03 Publié dans Article, Citoyenneté, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : uruguay | |

15/06/2012

Les chemins du Che

Reportage sur la route touristique du Che (Bolivie, Argentine, Cuba) entre mythification et mystification.

los-caminos-del-che.jpg   « L’Armée a donné une information étrange sur la présence de 250 hommes à Serrano pour barrer le passage aux assiégés au nombre de 37 en situant la zone de notre refuge entre les fleuves Acero et Oro. Le renseignement ressemble à une diversion. » Sept octobre 1967, Quebrada del Yuro, Bolivie. Ce sont les derniers mots qu’Ernesto Che Guevara a notés dans son journal. Deux jours après, le gouvernement de Bolivie annonçait que le guérillero était mort au combat.

   Quatorze ans auparavant, le 7 juillet 1953, débutait dans la station portuaire de Retiro la traversée qui transformerait le jeune docteur Ernesto Guevara de la Serna en Commandant Che Guevara. Le futur guérillero, flanqué d’un ami d’enfance, s’embarquait pour la Bolivie avec l’idée d’arriver à Caracas, où il se réunirait avec Alberto Granados, avec qui il avait parcouru à moto diverses régions d’Argentine, du Chili, du Pérou et de Colombie. Mais le destin a voulu mener ses pas au Mexique, au Guatemala et finalement à Cuba, où l’histoire de sa vie, et avec elle l’histoire de l’humanité, effectuerait un virage à 180 degrés.

   Cet hiver 1953, ses amis, qui le décrivent comme une personne de sensibilité sociale, mais sans grand militantisme politique et proche de postures péronistes – et donc anti-communistes – ne pouvaient pas se douter qu’Ernesto serait une pièce maîtresse dans le succès de la première révolution d’inspiration marxiste qui triompherait dans le continent, de la main de Fidel Castro, en 1959. Personne n’imaginait non plus ce 7 juillet que Guevara retournerait en Bolivie treize ans plus tard, décidé à étendre la révolution dans la jungle où il a trouvé la mort. Un mythe était né.

 

La force du symbole

   Ernesto Che Guevara est un peu plus que l’un des guérilleros les plus célèbres du 20ème siècle. Il est un peu plus qu’un Argentin universel. Il est un symbole pour toute l’Amérique Latine, qu’il a parcourue durant ses voyages successifs. Au fait de ce potentiel symbolique, les gouvernements des pays les plus importants de sa biographie – son Argentine natale, le Cuba qui a embrassé sa révolution et la Bolivie où il a trouvé la mort – veulent unir leurs efforts pour rattacher les routes touristiques qui reproduisent les mouvements du guérillero.

   Cela fait longtemps que la Bolivie et l’Argentine ont tracé des routes touristiques autour de la figure mythique du Che. Le nouveau circuit argentin « Les Chemins du Che » parcourt les provinces de Cordoba, Misiones, Santa Fe et Neuquen, quelques unes des étapes les plus importantes de la biographie du jeune Guevara, en passant par des centres comme Le Musée Hogar Misionero du Che à Misiones ou le Musée La Pastera à San Martin de los Andes. On va maintenant travailler à la liaison de ce circuit avec la « Route du Che » bolivienne, qui parcourt 800 kilomètres et traverse les montagnes du sud-est bolivien où Guevara et ses hommes de l’Armée de Libération Nationale luttèrent entre mars et octobre 1967. Le parcours s’achève à La Higuera, où le Commandant fut fait prisonnier et à Vallegrande, où son cadavre fut exposé et enterré dans une fosse commune jusqu’à ce qu’en 1997, les corps fussent récupérés et transférés à Cuba.

 

Union d’efforts

   Des délégués des ministères du Tourisme et de la Culture d’Argentine et de Bolivie se sont réunis à La Paz, le 28 mai dernier et ont créé une commission ayant pour but de collaborer étroitement dans la promotion de la route binationale et des musées des deux pays, ainsi que l’échange d’informations et de moyens. Le pas suivant sera d’étendre le projet à Cuba, en passant par les lieux où le Che a laissé son empreinte, de la Sierra Maestra à La Havane. C’est dans l’île, durant la récente foire FitCuba, que le gouvernement argentin a présenté son projet et que le secrétaire du Tourisme argentin, Daniel Aguilera, a manifesté son intention de « développer le produit à travers toute l’Amérique Latine ».

   En toile de fond, toujours, l’éternelle polémique sur la mercantilisation de la figure du Che, laquelle, incarnée par la photo de Korda, illustre des tee-shirts et des drapeaux dans tout le monde globalisé. Ce débat que le chanteur argentin Kevin Johansen pose dans « Mc Guevara’s o Che Donald’s » et que tranche ainsi Dario Fuentes, directeur de La Pastera, le Musée du Che à Neuquen : « Les utopies du Che font partie des nôtres ; c’est pour cela que nous voulons réhabiliter la valeur de son legs en formant un circuit de mémoire historique latino-américain ». Voilà la route touristique vue non pas comme un produit lucratif, mais comme une façon de récupérer et de diffuser la vie et l’œuvre du guérillero, que tout le monde reconnaît sur une photo, mais dont les idées demeurent méconnues.

 

Texte original : CASTRO N. (2012). "Los caminos del Che"

16:23 Publié dans Article, Histoire, Musique, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bolivie, argentine, cuba | |

 
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