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23/10/2012

Les mythes du vote hispanique

La diversité se vérifie dans les urnes.

Latino.jpg   Les 50 millions de Latinos qui vivent aux Etats-Unis sont une minorité bien plus complexe qu’il n'y paraît de l’extérieur et ses stéréotypes ne correspondent pas toujours à la réalité.

   Si un touriste espagnol se met à parler politique avec les gens qui se promènent dans les rues et profitent des cafétérias de Little Havana à Miami, il est évident qu’il repartira avec l’impression que le vote hispanique a majoritairement un accent cubain et républicain.

   C’est là l’un des grands mythes – assez éloignés de la réalité – qui planent sur une communauté de plus de 50 millions de personnes, diverse et guère monolithique, à laquelle les deux grands partis concentrent traditionnellement une part importante de leur budget de campagne.

   Parmi les quelque 21 millions qui ont le droit de vote à ces élections présidentielles, le groupe mexicain constitue l'immense majoritaire avec plus de 60%, loin devant les Portoricains et les Cubains. Pour Daniel Morcate, éditorialiste au journal « El Nuevo Herald » et professeur de l’Université de Miami, la perception que c’est le groupe cubain-américain qui est majoritaire chez les Hispaniques aux Etats-Unis « vient de son immense pouvoir politique. En réalité, c’est actuellement la seule minorité latino qui compte sept législateurs répartis entre la Chambre des Représentants et le Sénat ».

   Morcate est lui convaincu qu’il y a une connexion spéciale entre Hispaniques et démocrates comme en témoignent les pourcentages des dernières présidentielles ; 67% pour Obama et 31% pour McCain. « Les Cubains sont une exception parce qu’ils ont d’autres intérêts mais les autres savent gré aux démocrates d’avoir combattu la discrimination contre les immigrants et de les avoir aidés à améliorer leurs conditions d’immigration et de travail ». Il est de ce fait en désaccord avec la phrase de l’ex-président Ronald Reagan : « Les Hispaniques sont républicains mais ne le savent pas ». Le concept traditionnel de la famille et de la religion a amené de nombreux leaders républicains à penser de même mais cela ne s’est pas traduit dans les urnes.

   Matt Barreto, directeur de Latino Decisions et professeur associé de sciences politiques de l’Université de Washington, qui élabore une enquête hebdomadaire d’intentions de vote, assure que dans la campagne actuelle « Romney est hors-jeu avec les Latinos, c'est simple, il ne dépasse pas les 25%, où il s’est à peu de choses près maintenu durant les dernières semaines où nous avons fait ce sondage ».

   Pour Emilio Sanchez, directeur de voxxi.com, un média en anglais destiné aux secondes et troisièmes générations de ces immigrants, « le vote hispanique n’est pas monolithique. Il est divers et fragmenté, marqué par les années de résidence et la zone où l’on vit. Il est différencié même chez ceux de même nationalité. Le Mexicain de Chicago qui vit dans le pays depuis de nombreuses années n’est pas celui du Texas, du Colorado ou de Californie ».

   Sanchez partage l’avis de Morcate sur le fait qu’il est « quelque peu fantaisiste, réducteur et guère rigoureux » d’affirmer que le vote hispanique est la clef pour gagner cette élection. C’est un bon indicateur de même que d’être bien positionné chez d’autres minorités comme les femmes ou les Afro-Américains mais le fait est que Romney maintient ses options – avec un match  nul technique dans les intentions de vote – bien qu’il bénéficie d’un soutien insignifiant chez les Afro-Américains.

   Sur le fait que les Hispaniques soient principalement intéressés par le thème de l’immigration, les enquêtes soulignent une autre réalité. L’économie, la santé et l’emploi sont les thèmes les plus importants pour eux. L’immigration est le quatrième. Emilio Sanchez croit que l’explication est dans le profil de l’Hispanique qui a droit de vote. Pour voter il faut être citoyen, ce qui implique – hormis pour les Cubains et les Portoricains – de vivre dans le pays depuis dix ans ou d'être né aux Etats-Unis. Parmi les 21 millions qui peuvent voter, seuls 15% utilisent l’espagnol comme première langue. Les autres sont bilingues ou « english only ». Une fois leurs problèmes migratoires résolus, leurs exigences se tournent vers les problèmes de n’importe quel citoyen : l’économie et l’emploi.

   Le dernier mythe à tuer est celui des Latinos qui se caractérisent par leur désintérêt des élections présidentielles. « Le taux d’abstention en général aux Etats-Unis est bien plus fort qu’en Europe ou en Espagne. Il peut frôler les 50% et chez les Hispaniques, le pourcentage est supérieur mais du même ordre », note Emilio Sanchez.

 

Texte original : AGULERA M. (2012). "Los mitos del voto hispano"

18:51 Publié dans Article, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : etats-unis | |

15/10/2012

Forte tempête

Un homme de chiffres et un lettré refont le monde nicaraguayen.

nicaragua   Je croise généralement l’ami de cette histoire dans les salles d’attente des aéroports. Il vit à cheval entre Miami et Managua car, quand dans les années 80 ses propriétés furent confisquées, en pleine fureur révolutionnaire, qui voulait pour l’Etat la plus-value de la richesse et la distribuer ainsi avec largesse au pauvres, il s’est exilé en maugréant, a établi ses affaires en Floride, et après la défaite sandiniste dans les urnes en 1990, il est revenu et a récupéré ses propriétés, ou bien en a reçu une indemnisation.

   Nous nous lançons toujours dans de longues conversations tandis que nous attendons l’avion et nous parlons souvent de mes livres, car il en est un grand lecteur, mais aussi du Nicaragua et de son futur. Il me dit toujours que j’ai bien fait de m’éloigner de la politique, car la littérature y a gagné, et je le remercie, en mon for intérieur, d’être, à tout le moins, le gagnant. Quant au futur du Nicaragua, si nous nous mettions facilement d’accord auparavant, plus maintenant, et nous sommes souvent en mésentente cordiale parce qu’il est maintenant un défenseur du gouvernement Ortega et moi un critique ; un ennemi juré, disent les porte-parole du régime.

   Mais ce n’est pas de moi que nous parlons, mais de mon ami entrepreneur, qui durant notre dernière conversation, m’a fait une liste des bienfaits des politiques officielles, qui font avancer le Nicaragua dans le bon sens, selon sa propre expression : tout d’abord, une entente exemplaire avec les entrepreneurs privés : ils s’attachent à produire, à étendre leurs affaires, à exporter ce qu’ils produisent, et le commandant s’attache à mener la politique, dont ils ne se mêlent pas. Dans cette censure politique, figurent, bien sûr, les élections justes et libres, l’indépendance des pouvoirs et l’Etat de Droit.

   Il attribue à cette parfaite division du travail la croissance économique soutenue du pays, l’accroissement des exportations, les comptes publics sains, l’augmentation des réserves, et l’équilibre budgétaire, puisque, je le cite, si les entrepreneurs étaient à la fois leaders politiques et passaient leur temps à s’opposer au Gouvernement, plus personne ne produirait de richesse. Grâce à Dieu, me dit-il, les évêques de la Conférence Episcopale, on dirait plutôt un parti politique d’opposition, je ne sais pas si tu as déjà lu leur dernière lettre pastorale où ils taxent le commandant d’autoritaire et d’anti-démocratique, ils ne s’occupent ni de café ni de bétail, n’ont aucun lien avec les banques ; ils nous mettraient sur la paille.

   En outre, poursuit-il, les relations avec le Venezuela sont une bénédiction. Ils nous paient bien pour la viande, nous donnent du pétrole à moitié prix. Peut-être que je n’aime pas personnellement Chavez, et je t’avoue en confiance que je n’aime pas non plus personnellement le commandant Ortega et je ne l’inviterais pas à une fête d’anniversaire chez moi : mais si j’étais Vénézuélien, je voterais pour Chavez, imagine Capriles président et les masses chavistes dans les rues lui rendant la vie impossible, grèves et émeutes, les raffineries à l’arrêt, tout irait à vau-l’eau. Comme on a pu le voir, les souhaits de mon ami ont été exaucés.

   Je lui demande s’il est du même avis sur le commandant Ortega, s'il pense que s’il était dans l’opposition, l'économie du pays se verrait affectée par des arrêts de travail, des grèves, des blocages de routes. Bien sûr que oui, me répond-il, ne l’a-t-on pas vu auparavant, quand il n’était pas encore revenu à la Présidence ? Regarde aujourd’hui. Pas la moindre grève, parce que tous les syndicats lui obéissent. Il n’y pas de conflit, pas même dans l’approbation des augmentations du salaire minimum, qui se décident avant en privé et avec les chambres entrepreneuriales, et quand on arrive à la table des négociations, tout est déjà réglé.

   D’autre part, pense à ce que signifie pour la stabilité d’un pays que toutes les lois soient approuvées presque unanimement, car le commandant a une immense majorité de députés. Foin d’éternelles discussions. Et les lois économiques, celles sur les impôts, sont consultées avant par les chambres. C’est la situation parfaite pour que nous avancions. Et les partis d’opposition ? Ils n’existent presque pas, parfait, ils ne servent à rien. Et qu’est-ce qu’ils appellent populisme ? Que les pauvres reçoivent quelque chose et soient contents ? Parfait aussi.

   Mon ami entrepreneur parle sur un ton passionné. Il me prend le bras, comme s’il voulait m’emmener quelque part et me dit : à dire vrai, nous ce dont nous avons besoin c’est d'une seule personne qui mène la barque, une personne qui puisse s’imposer, à laquelle tout le monde obéit : si la démocratie c’est que certains disent une chose et d’autres une autre, le président propose une loi à l’Assemblée, l’Assemblée ne l’approuve pas, un tribunal vient et contredit ce que le président a décidé, ou le Contrôleur fait irruption et dit que telle amélioration d’une route est mal faite et qu’il faut la stopper, de même que la construction d’un barrage, ce type de démocratie ne nous convient pas.

   Néanmoins, me dit-il, un peu plus calme, il y a des choses que je n’aime vraiment pas, mais qui ne me semblent pas essentielles. Cette haine envers les Etats-Unis, ces attaques contre le capitalisme, cette manie de parler du capitalisme comme s’il n’y avait rien de pire au monde ; j’aimerais que ces discours soient plus calmes, plus conciliants ; mais sais-tu de quoi je suis convaincu ? Qu’au fond tout cela n’est que de la parlote. Les Américains ont l’habitude de ces attaques et n’en tiennent pas cas, car ils savent que c’est là pure rhétorique, le commandant doit parler de la sorte parce qu'il y a dans son parti des membres radicaux qui aiment entendre ces sermons anti-impérialistes.

   On m’appelle pour embarquer et nous devons nous séparer. Lors de notre prochaine rencontre je pourrai poser à mon ami toutes les questions que son enthousiasme, vis-à-vis de ce qu’il célèbre maintenant et craignait tant auparavant, a laissé en suspens. Lui demander, pour commencer, s’il ne pense pas que le calme parfait qu’il décrit peut précéder une forte tempête.

   Mais on verra ça la prochaine fois.

 

Texte original : RAMIREZ S. (2012). "La tormenta perfecta"

20:13 Publié dans Article, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nicaragua | |

28/09/2012

La régulation de l’avortement doit rester en l’état

Considérations sur le Droit de choisir.

aborto espanya.jpg   Un contreprojet de loi pour lequel le Code Pénal est remodifié a été récemment rendu public. La réforme visée est certainement d’ampleur, ce n’est pas une réforme de plus parmi celles promulguées par notre Code Pénal de 1995. On peut la situer dans celles qui ont accentué, dès lors, une diminution des garanties des citoyens sous l’idéologie de la sécurité citoyenne au détriment de la sécurité juridique. Les différents gouvernements, et ce n’est pas là une exception, se laissent facilement séduire par des détours législatifs mus par des atttaques simplistes dont ils croient qu'elles les rendront plus populaires, sans penser, ou peut-être que si, qu’ils compromettent l’Etat de droit et que, bien évidemment, ils nous appauvrissent tous davantage encore quant au système de garanties juridiques. A ce stade, tous pauvres et sans garanties.

   La création de certains « petits délits » comme conséquence de la suppression des fautes, la nouvelle peine de « prison permanente révisable », la prévision de mesures comme la « protection de sécurité » en sont quelques exemples. On ne peut justifier ces réformes dans leur caractère exceptionnel, car il n’existe pas d’exceptions au système de libertés propre à un Etat de droit. Je me rappelle ce personnage qui se prétendait contraire à la peine de mort, mais qui affirmait qu’elle devait seulement s’imposer dans des cas très graves et si les preuves étaient claires. Génial.

   Outre l’existence de ce contreprojet de loi, nous avons appris la nouvelle de la proposition de réforme de la régulation de l’avortement que planifie le Gouvernement et dont les détails n’ont pas été précisés. Sans doute, avec la même inspiration. En réalité, l’avortement n’a pas d’idéologie, c’est un problème intime et personnel. Sa régulation, parfois à l’état brut, a elle une idéologie. C’est là que le bât blesse.

   Personne ne discute qu’il faille défendre la vie. Maintenir que les partisans de la dépénalisation des normes juridiques de l’avortement ou de l’interruption de la grossesse dans un délai déterminé vont à l’encontre du droit à la vie ne laisse pas d’être une aberration injustifiable quelle qu’en soit la perspective. Et si elle est défendue par des personnes plus ou moins spécialisées, l'absurdité n'en est que plus grave. Ils savent – ou devraient savoir – que notre Code Pénal observe les causes de justification – légitime défense et état de nécessité – c’est pourquoi ne pas punir, dans certains cas, la mort de l’autre ne sous-entend pas attaquer le droit à la vie. Ils savent – ou on imagine qu’ils savent – que le principe de culpabilité est souverain dans notre Droit, c’est pourquoi ne pas exiger d’une personne, dans des circonstances extrêmes, qu’elle ne respecte pas ledit droit ne signifie pas être contraire au droit à la vie.

   Pour l’avortement on ne tient pas seulement compte du droit attribué au fœtus, en relation avec l’article 15 de la Constitution, qu’est sa vie dépendant de la femme ou son espérance de vie autonome, comme l’a unanimement soutenu depuis toujours toute la doctrine – sans exceptions – mais aussi des droits de la femme enceinte, son intégrité physique et psychique, son droit au libre développement de sa personnalité. Comme dans tout conflit juridique, le Droit Pénal offre des solutions. Et les méconnaitre dans ce cas, seulement dans ce cas, permet de mettre à nu idéologiquement ceux qui font cela, qui semblent substituer leurs propres convictions morales aux principes basiques d’un droit pénal propre à un Etat de droit.

   L’actuelle régulation juridico-pénale de l’avortement a quelques défauts techniques, lesquels d’autre part surgissent souvent dans les modifications législatives qui ont lieu dans différentes matières, mais cela ne justifie pas une réforme substantielle de celle-ci. Cette régulation est totalement adaptée depuis la perspective strictement juridique signalée plus haut. Et à l’évidence elle respecte l’intégralité des intérêts juridiques en conflit et, partant, les droits des femmes qui, dans les normes autorisées par la loi, décident d’avorter. Décision toujours difficile et à maintes reprises extrêmement dure, qui doit être respectée, pas seulement au  niveau juridique, sans rajouter des éléments qui accentueraient la dite souffrance de façon injustifiée. Nous ne pouvons oublier que l’avortement est la seule norme du Code Pénal où les femmes en sont les seules auteures possibles – l’intervention des troisièmes exclue – détail oublié par certains, qui pour cette raison ne peuvent même pas concevoir ce que suppose se confronter à la décision d’avorter.

   La régulation de l’avortement doit rester en l’état. Elle ne doit pas être remplacée par des facteurs moraux, voire idéologiques, étant donné le caractère intime, personnel, voire familial, de la réalité de l’avortement. On ne doit pas priver – une fois encore – de garanties juridiques les femmes qui décident d’avorter licitement, en les poussant comme aux temps anciens au « tourisme abortif » – en dépit de moindres ressources économiques désormais – ou à la clandestinité, avec les risques de tout type que cela suppose.

   Il est préférable que la politique réfléchisse à nous sortir de la situation économique où nous sommes, plutôt qu’à appauvrir aussi la citoyenneté en garanties, car dans ce cas la perte de ressources économiques fait de cette diminution quelque chose de particulièrement étouffant pour tous, et bien évidemment pour l’Etat de droit lui-même.

 

Texte original : BOIX REIG J. (2012). "La regulación del aborto debe dejarse como está"

16:25 Publié dans Article, Citoyenneté, Droit, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : espagne | |

20/09/2012

Chavez, le privatiseur

El Comandante, ennemi du public numéro un?

Hugo Chavez.jpg   Dans l’histoire politico-économique des 20ème et 21ème siècles, le gouvernement qui a le plus privatisé la production de biens publics au Venezuela est l'actuel, d’Hugo Chavez Frias. Voici comment.

   Dans toute société, il existe trois types de biens : publics, privés et communs ou gratuits. Il faut produire les biens publics comme l’infrastructure physique et sociale, les rues, avenues, places, voies, moyens, routes, autoroutes, eaux noires et eaux blanches, la santé et l’éducation et, par conséquent, ils ont un coût de production que l’Etat paie avec des impôts en gage d’une productivité et d’une rentabilité sociale meilleures. Tandis que les biens privés, qui doivent aussi être produits et, de ce fait, ont un prix, impliquent une rentabilité financière, avec la capacité d’exclure de l’usufruit des tiers ; par exemple, les aliments (la place est à tout le monde mais ma nourriture est à moi et ce qui est à toi est à toi), les manufactures, les automobiles, et les services à l’industrie ou aux consommateurs. Finalement, les biens communs ou gratuits comme la mer, les rivières ou le lac de Valencia, la flore et la faune, sont des dons de Dieu ou des biens de la nature, qui ne sont pas produits et, par conséquent, n’ont pas de prix, de  même que de par leurs caractéristiques ils ne permettent pas d’exclure de leur usufruit ou profit un tiers.

   Malheureusement, non seulement Chavez n’a pas protégé les biens communs de la nature, comme c’est arrivé avec le lac de Valencia, celui de Maracaibo et les nappes de pétrole, mais il a aussi privatisé les biens publics fondamentaux.

   Hugo Chavez Frias fut le plus grand privatiseur de biens publics du Venezuela des 20ème et 21ème siècles. Quand on observe que la grande majorité des zones résidentielles du pays ont des postes de garde privés ; quand il faut confier à des clubs privés l’abandon et le manque de sécurité des parcs, rues, avenues et places publiques ; quand les gens achètent des voitures blindées pour ne pas être agressés dans le trafic, quand un certain nombre se paie des gardes du corps, parce que la police est inefficace, extorque et commet des délits, le gouvernement de Chavez privatise le bien public, la sécurité.

   Quand nous voyons avec douleur que les pauvres et les moins bien lotis n’accèdent pas aux universités du fait de n’être pas préparés ; quand les parents doivent payer des collèges privés ; quand les pires maîtres, la drogue, les mafias sont dans les lycées publics moribonds, Chavez privatise le bien public, l’éducation.

   Quand les pauvres perdent une demi-journée de travail pour pouvoir descendre, remplir et remonter leur bombonne de gaz dans les collines, Chavez privatise le service public, la distribution du gaz. Quand les moins bien lotis doivent attendre les camions-citernes qui apportent de l’eau, Chavez privatise le service public des eaux blanches. Et, quand dans les immeubles et dans les usines on dépense d’énormes sommes d’argent pour pouvoir installer des générateurs électriques et faire face à la crise d’énergie du pays, Chavez privatise le service public de l'électricité.

   Nous avons un pays à l’envers, l’Etat produisant des biens privés tels que les barres d’armature, le ciment, le café, l’huile et l’arepa, mais pas l’éducation, la santé et en fin de compte, l’infrastructure physique et sociale. A lui seul, le Fonden a brassé autour de cent milliards de dollars américains, assez pour cent autoroutes Caracas  –  Puerto la Cruz, de nombreux ports et aéroports, routes, connexions entre villes et villages, des milliers d’écoles, d’hôpitaux, de places, d’espaces publics et sportifs. Mais rien de tout cela n’a été fait par le président Hugo Chavez Frias, le plus grand privatiseur de l’histoire récente vénézuélienne, oui, celui-là même qui taxe Henrique Capriles de néolibéral.

 

Texte original : GARCIA BANCHS A. (2012). "Chávez, el privatizador"

18:38 Publié dans Article, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : venezuela | |

 
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